Aveyron: les sous-traitants d'Airbus se préparent à affronter la crise

  • L’usine de Figeac Aéro, lors de la visite de la Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, en mars 2019.
    L’usine de Figeac Aéro, lors de la visite de la Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher, en mars 2019.
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Les annonces de l’avionneur – 5 000 postes en moins en France, 3 370 à Toulouse – suscitent l’inquiétude chez des sous-traitants déjà fragilisés par la crise du Covid-19. Les représentants de la Mecanic Vallée anticipent les difficultés à venir.

Au lendemain de l’annonce d’un plan de 15 000 suppressions d’emplois chez Airbus, dont 5 000 en France et près de 3 370 à Toulouse, les réactions des responsables politiques et des acteurs économiques locaux ont été nombreuses.

Des réactions forcément teintées d’incompréhensions, d’inquiétudes. Car si la région toulousaine est l’épicentre du séisme économique qui s’annonce, la secousse devrait également se faire sentir du côté des entreprises de la Mecanic Vallée, qui regroupe des entreprises de hautes technicités de l’Aveyron à la Haute-Vienne en passant par la Corrèze.

Pour les entreprises liées au secteur aéronautique ou automobile déjà fortement touchées par la crise sanitaire du Covid-19, cette annonce d’Airbus " n’est vraiment pas une bonne nouvelle, déplore Hervé Danton, délégué général de la Mecanic Vallée qui se fait le porte-voix de ses 196 adhérents. Mais pour l’heure, nous ne disposons que de très peu d’informations concernant les sous-traitants, comme nous."

Double peine

"Aujourd’hui, notre travail est de collecter des informations pour tenir au courant nos adhérents, poursuit Hervé Danton. Les commandes du côté des industriels aéronautiques sont toujours là. Et les aides promises par l’état seront aussi essentielles pour surmonter cette crise"

Mais le carnet de commandes se remplira-t-il encore longtemps ? Ainsi, Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser (Conseil économique, social, environnemental régional) d’Occitanie, estime : "Pour que la région Occitanie ne soit pas victime de la double peine, la négociation sociale et économique doit tenir compte de plusieurs paramètres." "Airbus doit par exemple mettre fin au contrat signé avec le groupe américain UTC, lui confiant la fabrication de nacelles pour 10 ans, c’est un contrat à plusieurs milliards", souligne Jean-Louis Chauzy. L’existence de ce contrat signé entre Airbus et la firme américaine UTC, afin de limiter le déficit de l’avionneur européen, a été révélée par le président du Ceser.

Ce dernier demande également que soient préservées les compétences des personnels mais également que des crédits pour la recherche et le développement soient mis à disposition des PME-PMI de la région.

Entreprises opérationnelles

"Lorsque la reprise aura lieu dans deux ou trois ans, les entreprises doivent être opérationnelles", rappelle Jean-Louis Chauzy. Car "si Airbus et la sous-traitance de rang 1 peuvent surmonter la crise avec des plans sociaux négociés, les sous-traitants des rangs 2 et 3, PME et PMI, peuvent être dévastés par les conséquences industrielles en cascade", estime le président du Ceser d’Occitanie.

Du côté de la Mecanic Vallée, " on envisage tous les scénarios, mais il faut partir du principe que nous devons nous mobiliser avant que la crise arrive, pour mieux la gérer. Il nous faut ainsi trouver de nouveaux débouchés, se diversifier, élargir nos compétences". D’ailleurs, poursuit Hervé Danton, "la 22e édition des Rencontres d’affaires qui se tiendront le 1er octobre à Decazeville sera l’occasion de présenter le savoir-faire de nos entreprises du secteur, de nouer de nouveaux partenariats et de faire le point sur cette crise et ses conséquences qui ne manqueront pas d’arriver chez nous."

Philippe Henry
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