Le tour de l'Aveyron à scooter – étape 4, épisode 3 : errance entre Ségala et Viaur

  • Quelques beaux paysages, autour de Réquista.
    Quelques beaux paysages, autour de Réquista. LR / / LR
  • Barrage sur le Tarn, vu de Combradet.
    Barrage sur le Tarn, vu de Combradet. LR / / LR
  • Avec Claude, au café des Platanes de Lédergues.
    Avec Claude, au café des Platanes de Lédergues. LR / / LR
  • Avec Max, à Lédergues.
    Avec Max, à Lédergues. LR / / LR
  • Une consolation dans les paysages.
    Une consolation dans les paysages. LR / / LR
  • Le camping, près du pont de Thuriès.
    Le camping, près du pont de Thuriès. LR / / LR
  • Décor champêtre.
    Décor champêtre. LR / / LR
  • Le repas du soir ? Steak de thon et pommes vapeurs avec un petit picpoul de Pinet. Ou presque...
    Le repas du soir ? Steak de thon et pommes vapeurs avec un petit picpoul de Pinet. Ou presque... LR / / LR
  • Le lendemain matin, saluer le viaduc du Viaur, de loin.
    Le lendemain matin, saluer le viaduc du Viaur, de loin. LR / / LR
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Ce tour de l'Aveyron part à l'aventure sur les petites routes du département, défiant chaleur, pluie et pépins mécaniques, à la rencontre de beaux paysages et de belles gens. Ou l'art de se déconfiner... complètement.
Six étapes tous les dimanches du 19 juillet à fin août, et six épisodes par étape sur le site de Centre Presse, du lundi au samedi.
On a fait le plein, le moteur démarre, un coup de klaxon et c'est parti !

 

Vient ensuite l'étape des actes manqués. Après avoir déjeuné avec Guy dans son musée, je voulais m'avancer dans ce tour mais sans trop savoir, pour l'instant, où j'allais. Il était déjà aux alentours de 16 heures et donc l'une des nécessités impérieuses du moment était de trouver un endroit où se loger pour la soirée. Ce que j'ai pu remarquer, c'est que de plus en plus dans les villages ou carrément les petites communes, les auberges, bistrots, restaurants et autres estaminets se font de plus en plus rares. Et je vais en avoir la preuve ici, ou hormis Réquista, ailleurs, c'st morne plaine.

Après être passé par Combradet à le recherche de Barbara, une créatrice de tipis que je n'ai pas dénichée, je repasse par Réquista puis file vers Saint-Jean-Delnous. Rien. La seule oasis durant ces quasiment 4 heures d'errance entre le Réquistanais et le viaduc du Viaur, ce sera à Lédergues et son café des Platanes que je la dégotterai. Une halte salutaire où je taillais la bavette (verbale bien sûr) avec Claude, un agriculteur de Rullac (c'est lui qui m'a parlé de la ferme de ce « farfelu » de Guy Savy). Claude était aussi un ancien rugbyman de Réquista, aujourd'hui Lévezou Ségala XV, et il me racontait comment les seuls déjeuners aux tripous à tête de veau tenaient les finances du club. « Aujourd'hui c'est plus ça, dit-il. Avant tu avais deux billets dans la poche après le match, et encore, quand tu gagnais. Aujourd'hui, les nouveaux joueurs, il faut leur trouver un travail. » Et puis nous parlions du coût de l'exploitation d'une ferme, qui ne pourrait plus tenir sans les sous de la Pac, alors qu'avant, « en vendant une vache, tu pouvais tenir le mois ». Il parlait en francs et regrettait que l'euro nous coûte aussi cher. Max, un biker ruthénois qui errait aussi par là, vint boire un verre et parler un peu avec nous. "Ah, c'est vous, le type qui fait le tour de l'Aveyron à scooter ? je vous lis, je vous lis..."

Ensuite, il devenait urgent de trouver un pied-à-terre pour la nuit. Et je songeais à Tanus. Je savais qu'il y avait un hôtel et c'était à moins de 15 km de là. De plus, le lendemain, je me voyais bien explorer les environs du viaduc et vous conter tout ça. Direction Tanus donc, et mauvaise surprise, l'hôtel était complet. Pour les hôtels les plus proches, la patronne voulait me renvoyer à Réquista, Baraqueville ou carrément Albi. Par téléphone, l'amie Marie se renseigna sur Internet et ne vit pas de solutions plus proches. « Sinon, il y a un camping à Thuriès », dit-elle.

En désespoir de cause, va pour le camping. Direction donc Pampelonne via la D53 (il y a autant de taureaux dans ce Pampelonne que de belles à Cadix), et puis Thuriès, son camping, planqué sur les bords du Viaur, plutôt joli, mais rien autour. Je plante la tente vers 20 heures, puis fais un repas composé d'un demi de bière, d'une boite de thon et d'un paquet de chips. Tout ce qu'il y avait dans l'épicerie du camping. Une deuxième nuit donc sous la tente, sans matelas ni couverture. Pas la place, ni dans le sac-à-dos, ni dans le scooter. Une façon comme une autre d'être au plus près de la nature, dira-t-on.

Les nuits y sont fraîches, et le sommeil léger.

Le lendemain, après un café, on remonte par Las Planques, sans manquer d'aller apercevoir le viaduc du Viaur au loin, et on rejoint Naucelle Gare. Pourquoi diable internet, ni Marie, ni ma mémoire, ne m'ont dit hier soir que là, il y avait un hôtel-restaurant ?

Caraï !

Laurent Roustan
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