Robin Planes, juge et maître du palais de justice

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  • Robin Planes se dit  "spectateur privilégié"  de ce qu’il appelle "le spectacle de la vie et ses trajectoires cabossées".
    Robin Planes se dit "spectateur privilégié" de ce qu’il appelle "le spectacle de la vie et ses trajectoires cabossées". repro cpa
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Magistrats, greffiers et personnels administratifs du tribunal judiciaire de Rodez ont un nouveau patron : Robin Planes. Originaire de la région parisienne, il arrive avec une solide expérience "du terrain".

S’il n’a toujours pas découvert tous les trésors du département – "Je ne connaissais pas du tout l’Aveyron avant d’arriver ici…" –, Robin Planes s’est d’ores et déjà familiarisé avec les longs couloirs et multiples salles du palais de justice de Rodez. Depuis le 1er juillet dernier, il est le nouveau maître des lieux en sa qualité de président du tribunal judiciaire. Une ascension logique dans la droite ligne de la magistrature pour ce juge au curriculum vitae qui plaide pour lui.

Diplômé de l’ENM en 2005, il a officié à Sens dans l’Yonne, à Créteil et Melun en banlieue parisienne puis à Auch dans le Gers ces six dernières années où il a occupé le poste de vice-président. "J’ai tout connu : la ville, la banlieue et le monde rural", sourit-il, toujours "autant passionné" par l’oralité des débats d’une salle d’audience. Depuis son arrivée dans la préfecture aveyronnaise, il a d’ailleurs déjà troqué sa fonction de président pour la robe de juge ou d’assesseur. Une expérience qu’il souhaite inscrire dans le temps "pour ne pas perdre la main de ce qui est le cœur du métier" et "montrer aux collègues que je suis à leurs côtés".

"Je ne me vois pas rester dans une sorte de tour d’ivoire", affirme-t-il, conscient malgré tout que le grand défi qui l’attend relève davantage de l’administratif que du terrain…

Course contre la montre

Car, les tribunaux de l’Hexagone ont accumulé un retard "monstre", entre la grève des avocats contre la réforme des retraites et la crise sanitaire. à Rodez, près d’un millier de dossiers sont aujourd’hui en attente. "C’est un défi colossal, reconnaît Robin Planes, dans une période où, précautions sanitaires oblige, tout prend du temps. Mais, c’est rattrapable. En 2021, on doit reprendre un rythme dit normal car l’un de nos premiers devoirs en tant que service public est d’apporter une réponse rapide au justiciable et notamment aux victimes". Pour mener à bien cette course contre la montre, Robin Planes peut s’appuyer sur une expérience dans l’administration en tant qu’attaché du ministère de la Défense, au début des années 2000. "J’aime organiser", ne cache-t-il pas d’ailleurs, même si l’avenir est toujours incertain, entre le regain de la pandémie et une réforme des retraites certes latente mais toujours prête à réveiller la colère des "robes noires". Sans oublier les sempiternelles réformes de la justice pouvant du jour au lendemain sortir du chapeau…

"J’espère qu’il n’y en aura pas de sitôt ou du moins qu’elles soient pratiques", avance Robin Planes, " surpris" comme tout bon magistrat de la nomination d’Éric Dupont-Moretti à la chancellerie. "Mais, je n’ai aucun a priori. C’est ma philosophie. Et je la mettrai en pratique ici. Je suis un partisan de la conciliation et je juge sur les actes, rien d’autre", dit-il, souhaitant s’inscrire, durant son passage dans le département, dans la droite lignée des anciens juges de paix, nobles représentants d’une certaine proximité… Cela tombe bien : les Aveyronnais sont attachés au concept et le garde des Sceaux en a fait l’un de ses chantiers prioritaires… Tout est bien qui commence bien !

Au niveau des effectifs, « On n’a pas à se plaindre »

Si les audiences solennelles de rentrée des tribunaux sont, au fil des années, devenues l’occasion pour les juridictions de pointer leurs manques d’effectif, cela ne devrait pas être le cas à Rodez le 28 septembre prochain. Car avec 13 magistrats au siège et quatre au parquet, aucun poste n’est pour l’instant vacant. « On n’a pas à se plaindre », confirme d’ailleurs Robin Planes, même s’il s’inquiète des manques au niveau du greffe avec seulement 39 postes pourvus sur les 54. Et un taux d’absentéisme frôlant les 30 %… « Là, il y a une véritable tension et on doit y remédier car cela nous empêche d’aller à la vitesse qu’on souhaite ».


 

Mathieu Roualdés
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