Aveyron : du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan

  • Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan.
    Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan. Reproduction Centre Presse -
  • Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan. Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan.
    Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan. Reproduction Centre Presse -
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    Du haut des éoliennes, il fait bon vent à Salles-Curan. Reproduction Centre Presse -
  • Il faut gravir 78 mètres pour atteindre la nacelle de l’éolienne. Heureusement, en plus de l’échelle, il y a un monte-charges !
    Il faut gravir 78 mètres pour atteindre la nacelle de l’éolienne. Heureusement, en plus de l’échelle, il y a un monte-charges ! Centre Presse - Margot Pougenq
  • Tout le courant produit par une éolienne, qui descend de la nacelle pour aller au transformateur, dans le mât, passe dans cette gaine noire, tenue par Benoît Rancher.
    Tout le courant produit par une éolienne, qui descend de la nacelle pour aller au transformateur, dans le mât, passe dans cette gaine noire, tenue par Benoît Rancher. Centre Presse - Margot Pougenq
Publié le , mis à jour

Culminant à 78 mètres de haut, les éoliennes du Lévézou offrent un panorama exceptionnel allant des Pyrénées aux monts de l’Aubrac, en passant, évidemment, par le lac de Pareloup.

Trônant sur le plateau du Lévézou, vingt-neuf géantes blanches prennent le vent et en font de l’électricité, avec une vue incomparable. Si le travail des éoliennes peut se résumer à ces quelques mots, leur fonctionnement est beaucoup plus complexe. Ce sont sept personnes, dont Benoît Rancher, qui est le responsable de la zone (comprenant également d’autres parcs éoliens en Aveyron et dans le Cantal), qui s’occupe de ces grandes dames blanches à la tête dans les nuages. "Je suis entré dans le monde des éoliennes pour savoir ce qu’il y avait à l’intérieur des machines, par curiosité", confie Benoît Rancher, installé à son bureau, dans le local d’EDF Renouvelables (un des dix centres de maintenance d’éoliennes en France), à la sortie de Salles-Curan. Et il y a de quoi être impressionné.

Dans les coulisses du mât

Contrairement à d’autres sites énergétiques qui se visitent en profondeur, comme les barrages ou les centrales nucléaires (les modalités de visite ont tout de même changé avec la pandémie de Covid-19), le commun des mortels observe essentiellement les grandes machines blanches de l’extérieur. Il est alors difficile d’imaginer tout ce qui se trouve dans le mât et la nacelle quand on est en voiture sur l’autoroute ou au pied des éoliennes au détour d’une randonnée.

Benoît Rancher mène la visite. Au pied de l’éolienne et en haut d’un petit escalier en fer, une porte ouvre sur le mât. Une fois à l’intérieur, il n’est pas évident de s’imaginer la hauteur de la machine car plusieurs paliers cachent la vue. Mais quand on penche la tête en bas de l’échelle qui mène à la nacelle, ça en donne presque le vertige.

Heureusement pour les techniciens qui bichonnent ces grandes dames blanches, un monte-charges permet de gravir les 78 mètres du mât sans y perdre son souffle.

La tête en (ou dans) l’air

Une fois dans la nacelle, les techniciens peuvent tenir debout, "et je fais 1,90 m", souligne Benoît Rancher. Mais il n’y a quand même pas la place d’y faire un appartement avec vue panoramique (d’autant qu’une seule petite fenêtre donne à l’extérieur, sur le toit). Car de nombreuses machines et composants mécaniques occupent l’espace (comme l’arbre, actionné par le rotor, dont la vitesse est amplifiée par un multiplicateur, qui, lui, est relié à l’alternateur produisant le courant électrique.)

Il est cependant possible de prendre un peu l’air en montant sur la tête de la géante. "Le mieux, ce sont les mers de nuages, le matin, quand seul le haut des éoliennes dépasse", songe le technicien. En étant perché à cette hauteur, la poignée de privilégiés qui y grimpe peut observer la chaîne des Pyrénées, le Lioran, la naissance des gorges du Tarn et surtout profiter d’une vue exceptionnelle sur le lac de Pareloup. "C’est un cadre sympathique", remarque-t-il en se replongeant dans une série de photos du parc éolien sous la neige, prise l’hiver denier.

Avec ses espaces étendus, le Lévézou est un lieu propice à la production d’énergie éolienne. Et ce n’est pas son seul atout, car "le plateau est aussi réputé pour son vent", sourit le responsable du parc éolien.

Ainsi, les pales des machines, qui peuvent s’incliner à différents degrés pour capter au mieux les courants d’air, profitent des vents nord-ouest et sud-est. Un grand bol d’air frais pour ces géantes blanches, et pour la planète.

De l’altitude et des chiffres

78 mètres, l’altitude où trône la nacelle, en tête du mât de l’éolienne. C’est là-haut que presque tout se passe grâce au rotor et à une multitude de composants qui permettent de transformer l’énergie cinétique (le mouvement) en énergie mécanique, produisant ensuite de l’électricité grâce à l’alternateur puis au transformateur.

200 tonnes, la masse de la nacelle, qui paraît petite vue d’en bas, mais qui finalement peut accueillir une personne debout. Et même deux personnes, car les techniciens montent toujours à deux en haut de l’éolienne pour leur sécurité.

44 mètres, la longueur des trois pales de l’éolienne. Soit près de la moitié d’un stade de foot. Les pales, qui mettent en mouvement le rotor, sont fabriquées avec des matériaux composites, comme la fibre de verre, la fibre de carbone ou encore la résine, qui les rendent à la fois résistantes et légères. Ça ne se fait pas tous les quatre matins, mais si une pale a été trop fortement endommagée, par la foudre par exemple, elle peut être entièrement remplacée.

90 mètres, le diamètre du rotor, au nez de l’éolienne, auquel sont raccordées les pales.

90 km/h, la vitesse du vent au-delà de laquelle les éoliennes ne produisent plus d’électricité. Une question de sécurité. La manœuvre est automatique.

Le Lévézou, terre d’énergies renouvelables

"L’histoire de l’éolien sur le Lévézou a commencé en 2005", détaille David Augeix, directeur régional Sud d’EDF Renouvelables. C’était une volonté de la municipalité de Salles-Curan : installer des éoliennes sur la commune. Il n’a pas fallu longtemps pour mettre tout ça en œuvre car le parc de 29 machines a été mis en service en 2008. Les éoliennes ont mis un an et demi à être montées. Un tiers d’entre elle se trouve sur des terrains communaux et les deux tiers restants ont été installés sur des terrains agricoles privés, dont les propriétaires sont rétribués chaque année. "À l’époque de leur construction, les éoliennes du parc de Salles-Curan étaient les plus puissantes du moment", précise-t-il. "Et elles sont toujours puissantes", ajoute Benoît Rancher, responsable de la zone éolienne. Chaque machine produit 3 mégawatts, soit une puissance de 87 mégawatts pour la totalité du parc. Celui-ci permet de produire de l’électricité pour 75 000 personnes par an (en moyenne). Sur le parc de Salles-Curan, six éoliennes ont été financées et appartiennent à des investisseurs aveyronnais. C’est un peu comme faire installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de sa maison… mais avec un budget beaucoup plus gros. Les éoliennes ne sont pas les seules à produire de l’énergie renouvelable sur le plateau du Lévézou. En effet, à quelques kilomètres de celles-ci, le barrage de Pareloup turbine depuis les années 1950. Il a été mis en service en 1951, après deux ans de travaux et la mise en eau de la cuvette de Vioulou, où est née la retenue de Pareloup. Le lac, prisé des amateurs d’eau douce, est d’ailleurs la cinquième plus grande retenue d’eau artificielle du pays et la deuxième du sud de la France. Ses 130 km de rives sont visibles du haut des éoliennes du parc de Salles-Curan. Un spectacle qui ravit chaque fois un peu plus les sept techniciens qui travaillent sur la zone. Autant que quand les paysages du Lévézou se parent d’un manteau blanc, s’accordant avec la parure couleur neige arborée par les éoliennes.
Margot Pougenq
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