L’incendiaire de Sévérac de nouveau devant le tribunal

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  • 40 hectares de végétations étaient partis en fumée  lors de l’incendie du 20 juillet 2020 à Sévérac-d’Aveyron.
    40 hectares de végétations étaient partis en fumée lors de l’incendie du 20 juillet 2020 à Sévérac-d’Aveyron. Archives José A. Torres
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Déjà condamné pour plusieurs départs de feu entre 2017 et 2020 dans la région des Causses, un septuagénaire devait de nouveau répondre de deux incendies lors de l’été 2020.

Sévérac-d’Aveyron, 20 juillet 2020. Il est 16h53 lorsqu’un agriculteur compose le "18". à quelques mètres de son exploitation, au lieu-dit du "Mas de Barthe", un incendie vient de se déclarer. Sous un grand soleil, les fumées sont impressionnantes et gagnent rapidement toute la région. 170 sapeurs-pompiers, 60 véhicules et cinq Canadair sont réquisitionnés. Le feu durera près de 48 heures et consommera 40 hectares de végétation. La veille déjà, les soldats du feu s’étaient battus contre un autre incendie toujours dans la même région mais bien plus petit : 2 000 m2 étaient partis en fumée. Voilà plusieurs années que la région des Causses est touchée par de nombreux incendies. L’été 2020 est sans précédent. Et les enquêteurs en sont persuadés : tous sont d’origines criminelles.

Déjà condamné

Leurs soupçons se dirigent vers un septuagénaire, habitant de Sévérac-d’Aveyron et surpris à plusieurs reprises à proximité des départs de feu. Entendu lors de cet été 2020, il reconnaîtra être l’incendiaire, toujours à l’aide d’un briquet et de mégots de cigarettes. Le 6 août, le tribunal le condamne à six mois de prison ferme pour cinq départs de feu entre 2017 et 2020 dans le secteur. Il portera un bracelet électronique durant tout ce temps.

Ce mercredi, le retraité de la fonction publique était de nouveau convoqué au palais de justice. Cette fois, il devait répondre des incendies du 19 et 20 juillet 2020. "Le plus impressionnant", souligne Me Léa Coulon, conseil du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), rappelant que le dernier a coûté plus de 160 000€ aux contribuables aveyronnais. Tour à tour, magistrats, procureur et avocats ont insisté sur les conséquences d’un tel acte… Mais face à eux, comme en août dernier, ils ont retrouvé un prévenu sans réaction, comme tétanisé par l’audience.

"Une envie subite, ça me prend au cœur"

"Ce n’est pas moi", a-t-il seulement répété malgré ses aveux devant les enquêteurs, il y a plusieurs mois. "Les gendarmes m’ont dit que j’irai en prison sinon", explique-t-il. Le hic, c’est que ce 19 juillet, son véhicule avait de nouveau été capté par des caméras de vidéosurveillance à proximité du départ de feu. Le 20, c’est l’exploitation de sa téléphonie qui a prouvé qu’il était encore sur les lieux… "Il y avait des gamins dans le coin aussi", tente-t-il de se défendre. Sans conviction.

De ses motivations, en revanche, le tribunal n’en saura pas davantage. " C’est une envie subite, ça me prend au cœur et je suis soulagé ensuite ", avait-il confié aux gendarmes, lors d’une de ses auditions. Fragile psychologiquement, ce père de famille avait également indiqué ne plus prendre un traitement médicamenteux lors de cet été-là. Pour l’expert psychiatre l’ayant analysé, c’est avant tout " l’occasion d’expulser une tension en lui". Et de rappeler plusieurs de celles-ci comme la construction d’une bretelle d’autoroute sur des terres où il chassait ou encore la présence d’une usine fabriquant des granulés de bois à proximité de son domicile…

Pour le procureur Bernard Salvador, il fait peu de doutes : "Il est la définition du pyromane et dangereux, même si depuis son suivi psychologique, il n’a semble-t-il pas récidivé". Le représentant du ministère public a requis deux ans de prison ferme à son encontre. Le tribunal rendra sa décision le 3 novembre prochain.

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Mathieu Roualdés
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