Pêche aux carnassiers : des milliers de brochets dans les lacs du Sud-Aveyron

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  • 400 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans la retenue de Pinet. 400 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans la retenue de Pinet.
    400 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans la retenue de Pinet.
  • 400 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans la retenue du barrage de Pinet.
    400 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans la retenue du barrage de Pinet.
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Une nouvelle campagne d’empoissonnement qui vise à préserver pour l’Aveyron le statut de destination française privilégiée des amateurs de pêche aux carnassiers.

Pour Halieutitarn (qui regroupe les APPMA du Sud-Aveyron) et la Fédération aveyronnaise de pêche, l’opération est devenue essentielle. Indispensable même. Ainsi, 650 kg de brochets juvéniles ont été lâchés dans les eaux des trois retenues du sud du département.

L’équivalent de 2 200 "sifflets" répartis respectivement dans les eaux du barrage de Pinet (400 kg), du Truel (100 kg) et de Lincou (150 kg). "Malheureusement sensibles aux changements des milieux aquatiques, explique "la fédé", les brochets ont besoin de milieux spécifiques pour pouvoir se reproduire. Lors de leur période de frai pendant l’hiver, ils recherchent des zones d’herbiers pour y déposer leurs œufs et ainsi assurer leur reproduction."

Or en Aveyron, où l’énergie hydraulique fait florès, "la quasi-totalité des barrages ont un marnage important pendant l’hiver mettant les zones de frayères hors d’eau." Une problématique qui oblige les pêcheurs du département – destination privilégiée des amateurs de carnassiers – à recourir très régulièrement à de telles campagnes d’empoissonnement. Des campagnes qui se heurtent tout aussi fréquemment à des difficultés d’approvisionnement, les piscicultures – plus une seule en Aveyron – étant de plus en plus concernées par les restrictions d’usages de l’eau ou par les prédations, "notamment celle des cormorans", valide le directeur de la fédération de l’Aveyron Elian Zullo qui espère toutefois cette année, en collaboration avec les APPMA, pouvoir relâcher 1,4 tonne de poisson sur l’ensemble du département.

Un directeur qui profite de cette actualité pour annoncer la création d’un espace no-kill – consistant à relâcher vivants les poissons pêchés – sur une moitié du lac de Pinet. "Sur la partie la moins accessible depuis les berges", confirme-t-il. "Uniquement pour le brochet."

"On répond ainsi aux attentes des pêcheurs sur le brochet qui est confronté à des problématiques de reproduction sur ces barrages. Faire ici du no-kill, c’est essayer de faire de beaux poissons. Sachant aussi que le brochet n’est pas le poisson le plus intelligent… et qu’il peut mordre à plusieurs reprises."

Pas question pour autant de multiplier de tels espaces ou parcours sur l’ensemble du territoire aveyronnais. Au grand désespoir de certains pêcheurs et APPMA qui en font un préalable de la préservation et la multiplication des différentes espèces piscicoles, la truite en tête. Elian Zullo le confirme : "La fédération de l’Aveyron n’est pas fana du no-kill" qui présenterait selon elle plus d’inconvénients que de bénéfices. "Il y a une attente des pêcheurs mais ce n’est pas une révolution. Sur l’Aveyron, j’ai lancé le premier parcours no-kill pour la truite il y a 25 ans, et je vois bien que ça n’apporte pas grand-chose pour ne pas dire rien. Il y en a un parcours de 10 km sur le Lot. Ça n’a rien révolutionné !" Il poursuit : "le no-kill permet de mettre en valeur un parcours, d’avoir de plus gros poissons mais reste sans effet sur l’augmentation de la biomasse" et, in fine, sur la reproduction des espèces.

"Les pêcheurs ont l’impression qu’ils sont seuls acteurs de la présence ou non de poissons. Or tout dépend de la gestion qui est faite des milieux et des problématiques auxquelles nous sommes confrontées – pollutions chroniques ou accidentelles, faibles débits d’étiages, les éclusées dues à la production de l’hydro-électricité, les températures records constatées ces dernières années – sur lesquelles nous n’avons malheureusement pas la main." Pour lui, "réfréner les prélèvements ne présente aucun intérêt". La pêche est dite…

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