Guerre Israël-Hamas : Benjamin Netanyahu formule une proposition pour le statut de la bande de Gaza et rejette la reconnaissance d'un Etat palestinien

  • Le Premier ministre israélien rejette la reconnaissance d'un Etat palestinien.
    Le Premier ministre israélien rejette la reconnaissance d'un Etat palestinien. MAXPPP - Yasser Qudih
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Nicolas Drusian avec Reuters

Benjamin Netanyahu annonce qu'Israël va conserver le "contrôle de la sécurité" en territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a formulé sa première proposition officielle pour le statut de la bande de Gaza après la guerre contre le Hamas. Dans un document soumis jeudi 22 février 2024 au cabinet de sécurité israélien et consulté vendredi par Reuters, Benjamin Netanyahu prévoit qu'Israël conserve le contrôle de la sécurité dans tous les territoires palestiniens, qu'il s'agisse de Gaza ou de la Cisjordanie.

Parmi ses objectifs à long terme, Netanyahu rejette toute "reconnaissance unilatérale" d'un État palestinien et affirme qu'un accord ne pourra être conclu que par le biais de négociations directes entre les deux parties, sans préciser quel mouvement palestinien il accepterait comme interlocuteur.

À Gaza, Netanyahu présente la démilitarisation et la déradicalisation comme des objectifs à moyen terme d'Israël après la guerre. Il ne dit pas quand cette étape débutera ni combien de temps elle est censée durer. Mais il conditionne la reconstruction de Gaza à sa démilitarisation complète.

Netanyahu veut que l'armée israélienne reprenne position le long de la frontière égyptienne, et qu'elle coopère avec l'Egypte et les Etats-Unis pour empêcher toute tentative de contrebande, notamment au poste frontalier de Rafah.

La Palestine veut la "fin de l'occupation"

Pour remplacer le Hamas au pouvoir à Gaza tout en préservant l'ordre public dans l'enclave, Netanyahu suggère sans plus de détails de travailler avec des représentants locaux "qui ne sont pas affiliés à des pays ou des groupes terroristes et qui ne sont pas soutenus financièrement par eux". Il appelle à la fermeture de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l'UNRWA, et à son remplacement par d'autres organisations humanitaires internationales.

"La déclaration de principes du Premier ministre reflète un large consensus public sur les objectifs de la guerre et sur le remplacement du pouvoir du Hamas à Gaza par une alternative civile", a commenté le bureau de Benjamin Netanyahu dans un communiqué. Le document a été distribué jeudi aux membres du cabinet de sécurité afin d'ouvrir le débat sur le sujet.

Le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeineh, a dit à Reuters que ce plan était voué à l'échec, tout comme tout projet israélien visant à modifier les réalités géographiques et démographiques de Gaza. "Si la communauté internationale souhaite véritablement assurer la sécurité et la stabilité dans la région, elle doit mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes par Israël et reconnaître un État palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale", a-t-il déclaré.

Une solution avec deux Etats indépendants défendue au G20

La création de deux Etats indépendants, dont le principe a été posé par les accords d'Oslo de 1993, est considérée au sein du G20 comme la seule solution pour régler le conflit israélo-palestinien, a déclaré jeudi le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell. "Tout le monde ici, tout le monde. Je n'ai pas entendu une seule personne s'y opposer. Il y a une forte demande pour une solution à deux Etats", a-t-il déclaré à des journalistes en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 à Rio de Janeiro.

"C'est un consensus parmi nous", a-t-il souligné, alors que le conflit entre le Hamas et Israël a été abordé lors de la réunion. "Il y a un dénominateur commun, il n'y aura pas de paix (...), pas de paix durable pour Israël sans une perspective politique claire pour que les Palestiniens établissent leur propre Etat", a martelé Josep Borrell.

Josep Borrell a demandé au Brésil, pays hôte de la réunion du G20, d'"expliquer au monde qu'au G20, tout le monde est en faveur de cette solution". "Nous devons nous mobiliser politiquement pour que cette solution soit appliquée. Sinon cela restera un voeu pieux", a-t-il estimé.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est opposé à la création d'un Etat palestinien indépendant, solution pour laquelle Washington, principal allié d'Israël, milite également.

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Les commentaires (1)
Palourde Il y a 1 mois Le 23/02/2024 à 15:35

Ben oui continué a occupé .. ca me rappelle quelque chose