Bassin Decazevillois

Migrants : pour le préfet de l'Aveyron, "rien n'est définitivement ficelé"

  • Louis Laugier, préfet de l'Aveyron.
    Louis Laugier, préfet de l'Aveyron. José A. Torres / José A. Torres
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L a nouvelle de l’arrivée de migrants ne cesse d’agiter les réseaux sociaux jusqu’à la caricature, et de susciter l’incompréhension de certains élus. Et l’on attend l’expression pondérée du représentant de l’Etat pour apaiser le tumulte. Mais le préfet Louis Laugier n’avait pas prévu d’en parler. Pas maintenant. « Rien n’est définitivement ficelé », glisse-t-il en promettant ses explications pour plus tard. Mais en concédant dans l’immédiat à nous rappeler le contexte et sa finalité.

On a l’impression que cette arrivée en Aveyron de migrants de Calais doit, pour l’heure, rester discrète. Pour quelles raisons ?

Tout simplement parce que c’est un sujet très compliqué qui demande réflexion et retenue.On touche à l’humain, à des personnes en difficultés.Le gouvernement doit jongler entre humanité et fermeté face à la crise migratoire, mettre un terme à certaines méthodes à la fois pour les migrants et pour les Calaisiens qui ne peuvent porter seuls l’effort au niveau national. Cette problématique requiert donc la solidarité nationale et des solutions durables.Ce n’est pas simple et il ne faut pas trop simplifier les choses...

Mais vous comprenez l’incompréhension de certaines personnes en Aveyron ?

Sûrement. Mais il faut leur rappeler que 80 % de ces migrants relèvent du droit d’asile en France et ont entamé des démarches de demandeurs d’asile. Des règles précises existent. Je rappelle que la France a pris, au cours des neuf derniers mois, 37 000 mesures de non admission aux frontières.Et que depuis janvier, à Calais, 1 307 personnes ont fait l’objet de mesures d’éloignement, c’est-à-dire de reconduite à la frontière.

Il était prévu que l’Aveyron soit terre d’accueil ?

Le démantèlement de Calais impose une répartition nationale.Tout département doit faire le recensement de ses capacités d’accueil.Cela fait déjà plusieurs mois que l’on échange sur ce sujet avec les élus et les associations notamment. L’Aveyron compte déjà une petite dizaine de réfugiés dûment accueillis. Désormais, avec Calais, on prépare la deuxième vague.

Vous confirmez le chiffre de 54 migrants pour le département ?

Pas précisément. A Pont-de-Salars comme dans le Bassin, tout dépend des capacités d’accueil. Les potentialités en Aveyron se chiffrent à plusieurs dizaines. Ce sera peut-être, au final, moins que le chiffre que vous citez car il correspond peu ou prou aux potentialités maxima dans l’immédiat. Les choses avancent encore, le dossier est technique. Je cherche encore des sites, je suis en train d’aboutir sur des potentialités d’accueil... On n’est pas sur de gros effectifs à accueillir quoi qu’il en soit.

Quand ces migrants arriveront-ils ? Et demeureront-ils définitivement en Aveyron ?

Leur date d’arrivée sera la date nationale, pour tous les départements. Elle peut aussi être étalée dans le temps. Mais il faut bien expliquer aussi que les sites déterminés sont des centres d’accueil et d’orientation qui sont nécessairement temporaires. Ils assurent l’hébergement, l’alimentation et l’accompagnement. Chaque personne hébergée a le choix entre déposer un dossier de demandeur d’asile ou non. Dans ce dernier cas, elle fait l’objet d’un éloignement. Les dossiers de ceux qui en font la demande sont étudiés par l’Ofpra, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Passée cette première analyse, ils vont rejoindre un Cada, Centre d’accueil des demandeurs d’asile.Je rappelle que l’Aveyron dispose déjà de 114 places en Cada. Là, nous entrons dans une phase plus poussée de l’instruction du dossier avec, in fine, l’obtention du statut de réfugié pour s’insérer librement dans la société.En cas de refus, la personne rejoint le dispositif d’éloignement. La procédure peut prendre désormais moins d’un an.

Combien coûte l’accueil des migrants ?

Leur accompagnement, mais aussi l’hébergement et la restauration - sous la forme de produits de base la plupart du temps - sont assurés par des associations à vocation sociale, sous convention avec l’Etat qui les rémunère pour ce travail. Une enveloppe financière est prévue à cet effet, mais tout dépend des différents types de convention qui sont passés.Je n’ai donc pas de chiffre précis à vous avancer.

Propos recueillis par Christophe Cathala
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