Syrie: deux jours sans raids aériens à Alep avant une "pause humanitaire"

  • Un secouriste civil au milieu des décombres le 17 octobre 2016 à Alep
    Un secouriste civil au milieu des décombres le 17 octobre 2016 à Alep AFP - KARAM AL-MASRI
  • Le président Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, le 25 août 2015 à Moscou
    Le président Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, le 25 août 2015 à Moscou POOL/AFP/Archives - KIRILL KUDRYAVTSEV
  • Des Syriens transportent le corps d'un homme tué après des bombardements aériens sur le quartier Fardous, dans le nord d'Alep, le 12 octobre 2016
    Des Syriens transportent le corps d'un homme tué après des bombardements aériens sur le quartier Fardous, dans le nord d'Alep, le 12 octobre 2016 AFP/Archives - AMEER ALHALBI
  • Un adolescent syrien attend d'être secouru dans les ruines d'un immeuble après un raid aérien à Alep, le 16 octobre 2016
    Un adolescent syrien attend d'être secouru dans les ruines d'un immeuble après un raid aérien à Alep, le 16 octobre 2016 AFP - THAER MOHAMMED
Publié le , mis à jour

Alep connaissait mercredi une deuxième journée de répit dans les raids aériens du régime syrien et de son allié russe, à la veille de l'entrée en vigueur d'une trêve censée permettre aux civils et rebelles de quitter la ville ravagée.

L'armée russe a annoncé que cette "pause humanitaire", qui doit entrer en vigueur jeudi à 05H00 GMT, durerait onze heures et non huit comme prévu initialement.

Selon Moscou, principal allié du régime, l'initiative doit permettre l'évacuation de civils et de combattants désirant quitter les quartiers d'Alep tenus par les rebelles, dans l'est de la deuxième ville de Syrie, où vivent quelque 250.000 personnes.

Ancienne capitale économique du pays, Alep est le principal front de la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011 et qui a fait plus de 300.000 morts.

Moscou avait annoncé mardi l'arrêt des raids de son aviation ainsi que celle du régime sur Alep-Est, soumise à un déluge de feu meurtrier depuis une offensive lancée par Damas le 22 septembre pour reprendre ce secteur qui échappe à son contrôle depuis 2012.

Les avions russes et syriens "n'approchent pas à moins de 10 km d'Alep", a précisé mercredi le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe.

"Il n'y a pas eu de raids aériens depuis mardi matin", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Mais il y a toujours des combats sur plusieurs fronts aux abords des quartiers rebelles, notamment dans la Vieille ville", avec des tirs d'artillerie du régime et des roquettes lancées par les rebelles, a-t-il précisé.

Un journaliste de l'AFP à Alep-Est a confirmé dans l'après-midi la suspension des raids aériens, précisant toutefois que de violents affrontements se poursuivaient.

- Eliminer 'les terroristes' -

"Grâce à Dieu, il n'y a pas d'avions dans le ciel en ce moment. Mais il y a encore des tirs d'artillerie et de roquettes", a déclaré à l'AFP Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des Casques blancs à Alep, les secouristes en zone rebelle.

Profitant du répit dans les frappes, les habitants d'Alep-Est étaient sortis mardi à la recherche de nourriture, de plus en plus rare dans ce secteur assiégé depuis pratiquement trois mois.

Jeudi matin, huit couloirs humanitaires, dont six pour l'évacuation de civils, de malades et de blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais qui peuvent également être utilisés pour les civils, seront ouverts et surveillés par des drones, selon l'armée russe.

Des employés de la mission de l'ONU et des volontaires du Croissant-Rouge syrien vont aider à l'évacuation des civils et les accompagner durant tout le trajet après le départ d'Alep, a précisé le général Roudskoï.

L'armée syrienne a par ailleurs effectué un retrait pour "permettre aux combattants" de passer par "deux couloirs spécifiques" d'évacuation, a précisé un responsable du ministère des Affaires étrangères cité par l'agence officielle Sana.

Damas et Moscou affirment bombarder les quartiers rebelles pour éliminer les "terroristes", principalement les jihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

"Nous devons éliminer les terroristes à Alep, c'est ainsi que nous pourrons protéger les civils", a déclaré le président syrien Bachar al-Assad lors d'un entretien avec la chaîne de télévision suisse SRF 1 diffusé mercredi.

Selon Sana, le président syrien par ailleurs a remercié, lors d'un entretien téléphonique, son homologue russe Vladimir Poutine pour "ses efforts" sur la scène internationale, malgré les "pressions" que subit Moscou.

- 'Miracle' -

A Genève, des militaires russes, américains, saoudiens, qataris et turcs devaient se retrouver mercredi pour discuter de "la séparation entre l'opposition modérée et les terroristes à Alep", selon l'armée russe.

Sur le plan diplomatique, le président français François Hollande a promis de "tout faire" avec la chancelière allemande Angela Merkel pour "prolonger" la trêve à Alep et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, avant de s'envoler pour Berlin où il devait participer en soirée à une rencontre avec M. Poutine.

Mme Merkel a toutefois dit ne pas attendre de "miracle", jugeant que la question des sanctions contre la Russie en représailles de ses bombardements "ne peut être retirée de la table" des discussions.

Près de Damas, quelque 620 rebelles et leurs familles ont commencé à évacuer la localité assiégée de Mouadamiyat al-Cham en vertu d'un accord passé avec le gouvernement, a indiqué à l'AFP Hassan Ghandour, un responsable local chargé du dossier.

Au total, "près de 2.100 personnes" sont concernées par cet accord, a précisé un autre responsable local, précisant que les combattants qui ne souhaitent pas partir peuvent "régulariser" leur situation en rendant leurs armes.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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