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« Révolution » des moteurs diesel : une annonce « trop tardive » pour Bosch Rodez

  • « Révolution » des moteurs diesel : une annonce « trop tardive » pour Bosch Rodez
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« Les chiffres semblent trop beaux pour être vrais », peut-on lire dans le journal Le Monde. Après des mois de polémiques et de scandales sur le diesel, Bosch, premier sous-traitant automobile du monde, a annoncé sa grande révolution dans le monde embrumé du Diesel : un moteur qui permet de réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) à un niveau jusqu’à dix fois inférieur aux normes qui entreront en vigueur en 2020.

Présentée en « conduite réelle » pour convaincre les derniers sceptiques, et sans recours à aucune technique « exotique » expliquent les ingénieurs, cette technologie est selon le constructeur « d’ores et déjà prête à être mise en production », et ce « sans surcoût notable par rapport aux moteurs actuels ».

Et les résultats sont impressionnants : quels que soient l’heure et le type de conduite, les valeurs enregistrées par le dispositif de contrôle des gaz d’échappement tiré par la voiture se situent sous les 40 mg de NOx par kilomètre, soit bien en deçà des 168 mg actuellement exigés par la législation. « Nous voulons mettre un terme, une fois pour toutes, au débat sur le diesel », affirme Volkmar Denner, président du directoire du groupe, qui insiste sur l’avantage de cette motorisation en matière d’émissions de CO2, qui seraient inférieures de 15 % à celles d’un véhicule essence.

Une annonce qui n’est évidemment pas passée inaperçue sur le site Bosch Rodez où syndicats et direction négocient actuellement un plan de modernisation de l’usine. Un plan basé entre autre, sur la diversification de la production. « On savait que le groupe travaillait sur ce projet mais nous sommes très surpris sur les chiffres obtenus ». « C’est très prometteur d’autant que cette technologie peut-être mise en œuvre très vite en sans surcoût » développe Pascal Raffanel (CFE CGC).

Assez pour donner une nouvelle vie au moteur diesel et sauver le site Bosch Rodez ? « On attend maintenant les annonces des gouvernements et des constructeurs. Des mesures devaient être prises par Bercy dans une telle hypothèse. Le Ministère avait laissé entendre qu’il prendrait des mesures en faveur du diesel si les moteurs passaient en dessous des futurs seuils réglementaires. C’est aujourd’hui largement le cas avec cette nouvelle technologie. On va donc attendre des actes maintenant mais honnêtement on voit mal comment, par exemple, la maire de Paris, Anne Hidalgo, pourrait infléchir sa décision de bannir complètement le diesel de sa ville en 2024 », poursuit le Castonétois.

« Plutôt bonne », l’annonce de l’équipementier ne sera donc pas au programme des négociations entre syndicats et direction. « La situation à court terme est très compliquée à Rodez. Les commandes sur les injecteurs à un niveau dramatique, entre -25 et -30 % de baisse sur le premier et deuxième trimestre. Nous n’avons plus le temps d’attendre un rebond éventuel du diesel. Il faut mettre en œuvre au plus vite une diversification du site aveyronnais. On n’a plus dix ans devant nous », affirme le représentant syndical.

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