Aéroport de Rodez-Aveyron

Atterrissage d'urgence d'un Rafale à Rodez : tout s'est joué en cinq minutes

  • La Rafale, ce mardi après-midi sur le tarmac de l'aéroport de Rodez.
    La Rafale, ce mardi après-midi sur le tarmac de l'aéroport de Rodez. - José Antonio Torres
  • Atterrissage d'urgence d'un Rafale à Rodez : tout s'est joué en cinq minutes
    - José A. Torres
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A la suite d'une collision avec un oiseau, un Rafale en provenance de Mont-de-Marsan a dû se poser lundi en urgence à l’aéroport de Rodez Aveyron. Circulation aérienne et pompiers n’ont eu que cinq minutes pour s’organiser avant que l’avion n’atterrisse.

Les services de la circulation aérienne ont été prévenus lundi à 17 h 30 par leurs homologues de Clermont-Ferrand, qui gèrent désormais l’espace aérien aveyronnais : un avion militaire Rafale, en provenance de Mont-de-Marsan, vient de subir une « collision aviaire au cours d’un exercice de vol à basse altitude » dans le ciel aveyronnais. En d’autres termes, il vient de percuter un volatile qui, en l’occurrence, est entré dans l’un de ses deux réacteurs.


Un avion dérouté, deux autres retardés


Du côté de la tour de contrôle de l’aéroport de Rodez Aveyron, tout s’accélère. Et le contexte n’est pas des plus favorables : un avion de l’aéro-club en évolution (il sera invité à se poser à Cassagnes pour dégager l’espace aérien), deux vols commerciaux en attente pour Paris et Southampton (ils accuseront un retard de 10 minutes) mais aussi le poids de l’avion, qui approche à près 300 km/heure avec à son bord une grande quantité de kérosène.
« Il a fallu dégager l’espace aérien au plus vite, prévenir les pompiers et l’ensemble des intervenants », explique Sandrine Viossanges, chef de la circulation aérienne à l’aéroport Rodez Aveyron.


« Les pompiers ont dû arroser le système de freinage »


Le contrôleur aérien Thomas Paysserand, en poste lundi à la tour de contrôle, n’a que quelques minutes pour analyser et hiérarchiser l’ensemble de ces données et faire en sorte que le Rafale puisse se poser en toute sécurité.
L’équipe des pompiers de la société GIP, en poste en permanence à Rodez, était à l’écoute des fréquences radio de l’aéroport et de ce fait déjà informée de l’arrivée imminente de l’appareil. Les soldats du feu ont eu le temps de déployer leur dispositif, à savoir, pour ce genre de situation, deux camions anti-incendie et les tenues de feu.
« La piste est courte, elle fait 2 040 mètres de long. Le pilote du Rafale a été obligé de freiner fort, ce n’est pas anodin. Les pompiers ont dû arroser le système de freinage », explique Sandrine Viossanges.
Cinq minutes seulement après l’alerte, le Rafale se pose sur la piste de l’aéroport aveyronnais. « La situation a été très bien gérée, analysait ce mardi la jeune responsable de la circulation aérienne. Les pompiers ont très bien fait leur boulot ».
La procédure veut que tout avion victime d’une « collision volatile » se pose sur l’aéroport le plus proche. Le pilote du Rafale qui a ingéré lundi cet oiseau s’y est conformé pour procéder à des vérifications, même si l’état du réacteur ne semblait pas inspirer de réelles inquiétudes.


Une « excellente coordination »


À cet effet, des techniciens des « commandos de l’air », en provenance de Mont-de-Marsan, étaient attendus ce mardi à Rodez, comme l’expliquait Eric Bometon, directeur général de l’aéroport de Rodez Aveyron. « Il y a eu une excellente coordination entre le contrôle aérien, les pompiers et l’exploitant », expliquait-il. Ce mardi après-midi, les données de vol du Rafale étaient « exploitées » à Mont-de-Marsan, ce qui permettra d’en apprendre davantage sur l’incident dont l’avion de chasse a été victime. N’ayant pu quitter les lieux, le Rafale a passé une seconde nuit à l’aéroport aveyronnais, sous la garde des gendarmes.

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