la filière auto pèse 2200 emplois en aveyron (1/3)

Rodez : Bosch carbure (un peu trop) au diesel

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  • La secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, lors de sa récente visite à l’usine Bosch.
    La secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, lors de sa récente visite à l’usine Bosch. J.B. -
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À l’initiative des syndicats CGT, CFE-CGC et Sud Solidaires, une « grande marche pour la défense et le développement de la filière automobile » se déroulera ce samedi 13 avril, à partir de 14 heures, au départ du pont des Balquières, à Onet-le-Château. Le cortège, au sein duquel, devraient prendre place les salariés de Bosch, Jinjiang Sam et Sogefi, les trois principales entreprises du secteur automobile, mais également de nombreux élus des trois territoires concernés, mais également de tout l’Aveyron. L’occasion de rappeler que la filière automobile, la principale filière industrielle du département de l’Aveyron représente quelque 2 200 emplois principalement concentrés chez ces trois équipementiers, qui subissent, plus ou moins directement les retombées négatives de la crise du diesel et de l’effondrement du marché. « L’Aveyron est le département d’Occitanie où la filière automobile est la plus implantée », insistent les organisations syndicales, chiffrant à près de 10 000 les emplois directs ou indirects qui dépendent de cette activité industrielle, « véritable poumon économique de l’Aveyron ». L’occasion également de rappeler que les sites de Bosch et Sam ont perdu, à eux deux seulement, près d’un millier d’emplois durant cette dernière décennie. Zoom ce jeudi 11 avril sur l'usine Bosch de Rodez.

On le sentait venir. Mais pas avec une telle force. Une telle ampleur. Une telle violence. La crise du diesel, provoquée par divers scandales et amplifiée par certaines décisions politiques, a déjà provoqué de profonds dégâts en cascades chez les constructeurs et les équipementiers. En France, comme dans plusieurs autres pays européens, à commencer par l’Allemagne, des milliers d’emplois sont en jeu.

Effectifs en net recul

Les représentants des salariés aveyronnais de l’usine Bosch ont depuis longtemps senti venir le vent du boulet, sur un site qui carbure principalement au diesel. L’usine de la zone de Cantaranne, qui a connu son apogée avec environ 2 300 emplois (intérimaires compris), a connu un important recul de ses effectifs ces dernières années. En 2010, Bosch Rodez employait 1 799 salariés en CDI et 172 intérimaires, soit 1 961 personnes.
Au dernier pointage de février 2019, le site ne comptait plus que 1 533 salariés et seulement 3 intérimaires, soit 1 536 personnes, sachant qu’une cinquantaine de départs supplémentaires sont prévus cette année, dans le cadre de ruptures conventionnelles.

Productions en baisse

Les volumes de pièces fabriquées dans les ateliers castonétois suivent, hélas, la même trajectoire descendante. Bosch Rodez a fabriqué 5 850 000 buses d’injecteurs en 2017, 4 937 000 en 2018. Cette année, la production devrait atteindre 4 674 000 buses. Même si le marché résiste mieux, dans l’ensemble, les volumes de bougies produites à Rodez sont également en baisse avec 21 216 000 unités en 2017, 20 637 783 en 2018 et 18 544 468 en 2019, selon les projections prévisionnelles. Pour les injecteurs common rail, la baisse est encore plus conséquente avec 2  981 000 unités en 2017, 3 010 000 en 2018 et une prévision de 1 702 054 en 2019. La modernisation de l’une des deux lignes de fabrication d’injecteurs common rail pour l’adapter à la technologie 2.20 (elle est en cours de démarrage) entraîne, on le sait, l’arrêt de la deuxième ligne de production, ce qui a pour effet de priver de travail de 350 salariés de plus…

Quelle reconquête industrielle ?

Dans le cadre de l’accord de transition, voulu par la direction (et signé par Sud et la CFE-CGC) en contrepartie de l’investissement nécessaire pour cette modernisation, le groupe Bosch s’est engagé à créer 310 emplois dans le cadre de la diversification actuelle. Aux 20 emplois promis (au titre de 2019) pour la fabrication de barres de torsion (voir ci-contre) s’ajoutent une dizaine d’emplois pour des opérations d’entretien au bénéfice d’entreprises extérieures. Cent autres emplois sont promis pour 2020, 180 pour 2021.
En attendant ces nouvelles fabrications, qui restent hypothétiques, les syndicats de Bosch en appellent à une forme de patriotisme industriel, afin que les constructeurs français, Renault et Peugeot privilégient les équipementiers du pays, en faisant jouer la préférence nationale, « comme le font les constructeurs allemands. »
Lors de sa récente venue sur le site castonétois, la secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, a pu mesurer le niveau d’excellence technologique du site Bosch de Rodez.
Quelques jours, plus tard, lors de l’inauguration de l’Usine du futur de Figeac Aéro, elle a prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de la reconquête industrielle. Il est temps de conjuguer l’un et l’autre en terre aveyronnaise. 

Barres de torsion et amortisseurs

Il y a de cela quelques jours, le président de Bosch France, Heiko Carrie, a annoncé l’attribution au site de Rodez d’un contrat « insourcing » portant sur la fabrication de barres de torsion. Ce contrat, qui porte sur un volume annuel de deux millions d’unités,  entraînera un investissement de 1,4 M€ sur des machines existantes et devrait générer une vingtaine d’emplois, à l’horizon d’avril 2020. Dans le cadre de cette diversification industrielle, les deux pistes, les plus sérieuses, selon plusieurs représentants syndicaux, concernent la fabrication d’amortisseurs intelligents et une possible ouverture vers le secteur aéronautique, des ingénieurs d’Airbus ayant récemment visité le site de Bosch. 

Joël Born
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