Philippe Rousseau redonne vie et vigne au roussellou sur les coteaux de Saint-Cyprien

  • Alain Falguières et Philippe Rousseau ont trinqué  à la réussite du roussellou.
    Alain Falguières et Philippe Rousseau ont trinqué à la réussite du roussellou. J.B.
Publié le , mis à jour

Dans le domaine Le Verdus, sur les hauteurs de Saint-Cyprien, le jeune vigneron et sa compagne Aline Solignac ont replanté mille ceps de ce vieux cépage aveyronnais ressuscité par Alain Falguières. Rencontre.

C’est forcément l’histoire d’une belle rencontre. La rencontre de gens passionnés par leur métier. Par la vigne et ce qu’elle peut nous réserver de meilleur.

Toulonnais d’origine de 35 ans, Philippe Rousseau s’est installé comme viticulteur, depuis 2014, sur la propriété familiale de sa compagne, Aline Solignac, une petite fille et fille de vignerons, au domaine Le Verdus, sur les coteaux ensoleillés de Saint-Cyprien-sur-Dourdou. Le jeune couple y produit des vins rouges, blancs et rosés en AOC Marcillac et IGP Vins de l’Aveyron. En complément de l’activité viticole, Aline cultive également des asperges.

1 000 ceps, 1 000 bouteilles

Le roussellou, son nom d’usage, ou cépage saint-côme ou bien encore prunelard de Nauviale, fait partie de ces vieux cépages aveyronnais qui avaient quasiment disparu. Rayé de la carte départementale ou presque. Alain Fal- guières, le caviste ruthénois, l’a en quelque sorte ressuscité, sur ses terres de Salles-la-Source, où il réintroduit de vieux cépages. "Alain me l’a fait connaître et découvrir. Rendons à Alain ce qui appartient à Alain", explique le jeune vigneron qui a obtenu l’autorisation de replanter en 2015. Un millier de ceps sur des sols de grès blanc et de schiste. Le domaine d’Aline et Philippe, qui est en cours de conversion en agriculture biologique, vient de produire sa première cuvée 2018 de roussellou. Un petit rendement avec 1 000 bouteilles en IGP Vin de l’Aveyron pour commencer, en vinification naturelle.

Un "vin aromatique"

"C’est un vin aromatique, très facile à boire, très peu alcoolisé, très digeste, peu chargé en sulfites", commente Philippe. "L’Aveyron était l’un des territoires viticoles où on avait le plus de cépages. Après des expérimentations sur plusieurs cépages, le roussellou m’a vraiment marqué." Philippe Rousseau, qui organisait, récemment, une séance de dégustation du roussellou chez Alain et Maëlle Falguières, dans leur boutique de La Gineste en est fermement convaincu. "Je pense qu’on peut faire de grands blancs sur le terroir aveyronnais. Et puis on contribue ainsi à la diversité du vignoble marcillacois."

Le domaine Le Verdus propose d’ailleurs un autre blanc (très agréable lui aussi) à base de chenin, La Mitat. " Mon rêve, ce n’est pas d’avoir des bouteilles sur des tables de restaurant au Japon, c’est d’abord d’être reconnu localement", lâche le néovigneron, qui se réjouit d’avoir pris racine sur le sol aveyronnais. Cette terre où l’on ne se contente plus simplement de faire pisser la vigne.

Domaine Le Verdus, lieu-dit Le Verdus, à Saint-Cyprien.
Joel Born
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?