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Saint-Chély-d’Aubrac fait le bonheur d’une famille de réfugiés

  • La famille érythréenne, tout sourire, à Saint-Chély-d’Aubrac.
    La famille érythréenne, tout sourire, à Saint-Chély-d’Aubrac. Mat.R. / Mat.R.
  • Dans cinq ans, Biniam et sa famille pourront demander la nationalité française. Et peut-être s’installer définitivement à Saint-Chély-d’Aubrac.
    Dans cinq ans, Biniam et sa famille pourront demander la nationalité française. Et peut-être s’installer définitivement à Saint-Chély-d’Aubrac. Mat.R. / Mat.R.
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La petite commune du Nord-Aveyron a récemment accueilli une famille de réfugiés, venue d’Érythrée. "Une magnifique aventure humaine", pour la maire, Christiane Marfin.

À plus de 7 000 km du paisible quotidien de Saint-Chély-d’Aubrac, l’Érythrée, petit pays coincé entre l’Éthiopie et le Soudan dans la corne de l’Afrique, vit des heures très sombres. Forte de cinq millions d’habitants, sa population vit au rythme des rafles, des persécutions en tous genres et de la peur depuis la prise de pouvoir d’Issayas Afeworki, "dictateur le plus brutal du monde" selon plusieurs spécialistes, dans les années 1990. Depuis, le peuple tente de fuir le pays comme il peut.

Biniam Gebremeskel, entraîneur cycliste et enrôlé de force dans l’armée, fait partie de ceux-là. Il y a un peu plus d’un an, il est parti sur la route des migrants avec sa femme et ses quatre enfants. Lui est arrivé jusqu’à Toulon, sa famille, elle, est restée bloquée en Afrique. Après plusieurs nuits dans la rue et un passage par un centre de migrants, le trentenaire a obtenu le statut de réfugié politique, comme plusieurs de ses compatriotes parvenant à rejoindre la France. Avant de poser ses valises à Saint-Chély-d’Aubrac, un soir de novembre dans le brouillard et le froid.

"Une magnifique aventure"

"Quand il est arrivé en plein hiver, je me suis demandé s’il allait rester longtemps…", sourit aujourd’hui la maire de la commune de 570 habitants, Christiane Marfin. émue aux larmes en évoquant cette "magnifique aventure humaine", l’élue a pourtant fait face à quelques réserves lorsqu’elle a décidé d’ouvrir les portes du village à une famille de réfugiés. Mais, qu’importe. Aujourd’hui, Christiane Marfin ne retient que le positif. Et, surtout, le magnifique élan de solidarité de ses concitoyens, pas avares de présents à l’arrivée de l’Érythréen : canapé, télévision, vêtements, jouets pour les enfants… "Toute ma vie a changé ici, je ne remercierai jamais assez les gens qui m’ont aidé", confie d’ailleurs Biniam, dans la langue de Molière s’il vous plaît !

Agents d’entretien à l’Ehpad du village

Depuis mars, le trentenaire a même eu la joie d’être rejoint par sa femme sa femme et ses quatre enfants, âgés de 2 à 9 ans. Et au dire de tous, la famille est désormais "parfaitement intégrée". Biniam a rejoint l’équipe de football locale et avec sa femme, Abrehet, ils travaillent à l’Ehpad du village. Les enfants, eux, ont intégré l’école et selon les mots de la directrice : "Ils se régalent, apprennent très vite le français et sont très sages."

"L’arrivée de cette famille nous fait beaucoup de bien et nous enrichit au quotidien. Les enfants sont très sages et d’une politesse incroyable. Et je tiens à préciser que les parents n’ont volé le travail de personne. Les postes à l’Ehpad étaient vacants depuis de très longues années. Nos villages doivent faire face à un déficit de main-d’œuvre et c’est en grande partie à cause de cela que j’ai accepté de recevoir une famille de réfugiés", explique encore Christiane Marfin. Une magnifique aventure humaine, on vous disait…

Une vingtaine de familles tous les ans

Une famille afghane à Thérondels, deux Soudanais à Mur-de-Barrez… Depuis 2015 et le plan "migrants", lancé par l’Europe, l’Aveyron reçoit régulièrement des réfugiés. Et si la préfecture ne souhaite pas communiquer de chiffres exacts, elle estime accueillir entre 25 et 30 familles chaque année. Pour la grande majorité, elles proviennent de zones de conflits ou fragiles politiquement telles que l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak ou encore le Soudan. Au bout de cinq années passées sur le territoire, ces réfugiés peuvent obtenir la nationalité française. Actuellement, le monde compte 25,4 millions de réfugiés et 68,5 millions de personnes déracinées. Un nombre qui ne cesse d’augmenter chaque année…

Mathieu Roualdés
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