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A Hong-Kong, le Laguiolais Valentin Barrié craint "Le scénario du pire"

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    Neuf groupes étrangers sont invités cette année, comme Porto Rico, l’Ukraine ou les USA. Dépaysement garanti. Repro CP - Repro CP
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Longtemps symbole de la prospérité face à la Chine du continent, Hong Kong, ville-monde "à l’occidentale", traverse une épreuve importante et cruciale depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Des millions de Hongkongais, sont descendus dans la rue pour contester le projet de loi de l’exécutif local. Plus globalement, Hong Kong dénonce la mainmise de Pékin sur l’ex-colonie britannique, qui reste inflexible, menaçant aujourd’hui de faire intervenir l’armée. Ambiance sur place avec Valentin Barrié, natif de Laguiole installé là-bas depuis 2014.

Comment êtes-vous arrivé à Hong Kong ?

J’ai débarqué là-bas dans le cadre d’un VIE, pour volontariat International en Entreprise. J’étais ingénieur matériel pour Bouygues, pour le chantier du tunnel à Shenzhen notamment, dans le sud du pays. J’ai fait ça entre 2014 et 2015 avant de revenir en France pour finalement repartir un an plus tard. Je suis revenu à Hong Kong mais dans un tout autre domaine. Je suis aujourd’hui responsable logistique pour un groupe de restauration mexicain.

Des dizaines de milliers de personnes défilent à Hong Kong pour obtenir l’abrogation d’un projet de loi faisant craindre la mainmise de Pékin sur l’ex-colonie britannique. Quelle est l’ambiance là-bas ?

Si les gens sont ici déterminés, l’ambiance était plutôt bon enfant jusqu’à ces derniers jours. Rien à voir par exemple avec le déferlement de violence que l’on a pu voir à Paris lors des manifestations des "gilets jaunes". J’ai moi-même participé à l’une de ces manifestations, en juin. Nous étions plus de 2 millions de personnes. Tout ça sans aucun débordement.

On voit pourtant que le mouvement se durcit ces dernières heures. Cette contestation se limite-t-elle au projet de loi controversé ?

Non. Au-delà de cette loi qui permet d’extrader des réfugiés politiques, mais aussi des hommes d’affaires, des artistes, au motif qu’ils constitueraient une menace pour Pékin, cette mobilisation vise aussi à dénoncer le contrôle permanent de Pékin sur Hong Kong, contrairement à ce qui avait été établi lors de sa rétrocession à la Chine en 1997. Il était prévu que Hong Kong reste autonome durant 50 ans, jusqu’à 2047 donc. Ce statut particulier devait permettre à Hong Kong de faire partie de la Chine sans appliquer les mêmes règles politiques et économiques. Or, les Hongkongais se rendent compte aujourd’hui que cette autonomie s’effrite petit à petit. Le gouvernement de Hong Kong devait par exemple être élu au suffrage universel, ce que Pékin a refusé.

On parle aussi de violences policières ? De l’implication de triades (les tee-shirts blancs) dans la répression du mouvement ? Qu’en est-il précisément ?

Comme moi, vous avez sans doute vu les images à la télévision. Des hommes armés de barres de fer qui frappent des manifestants. Ces images ont fait un énorme scandale, car si l’on voit effectivement des membres de la triade, la mafia locale, on suppose que les ordres venaient de Pékin.

Confrontée à la crise politique la plus grave à Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, la chef de l’exécutif local a de nouveau tenté de faire revenir le calme dans la ville. Avec visiblement peu de succès ? Qui a-t-il à craindre d’une mobilisation qui dure ?

L’ambiance se tend de plus en plus, c’est vrai. On parle aujourd’hui de nombreux cas de violences policières. Elles s’étendent aussi dans la ville. Dans le quartier de Sheung Wam, qu’on appelle communément le quartier français, certaines de mes connaissances n’ont pas pu se rendre au travail parce que les lignes de métro étaient bloquées ou par crainte de représailles de membres de la triade.

Loin de faiblir, le mouvement semble se radicaliser. Lundi, la police de Hong Kong a annoncé l’arrestation de 49 "manifestants radicaux" dimanche dernier, notant que le mouvement devenait "de plus en plus violent". La Chine dit être prête à faire intervenir son armée ? Peut-on craindre une escalade de la violence ?

C’est déjà le cas. On parle aujourd’hui de barricades, d’échauffourées, de tirs de lacrymogènes et de charges pour refouler les manifestants. C’est d’autant plus inquiétant que Pékin semble un peu dépassé, comme la chef de l’exécutif Carrie Lam. Les Hongkongais pensent que Pékin aurait même refusé sa démission. Le scénario du pire, serait une intervention de l’armée chinoise. Ce serait la fin du “Un pays, deux systèmes”. Je n’y crois pas, – comme j’ai du mal à croire que Pékin accorde à Hong Kong une vraie démocratie – mais si tel était le cas, il faudra alors que les autres pays interviennent, mettent le holà. Il existe de puissants leviers, surtout économiques, pour infléchir la position de la Chine.

Avez-vous reçu des mises en garde du gouvernement français ?

Non, mais on garde un œil plus ouvert sur les messages d’alerte potentiels émis sur le site France Diplomatie par exemple ou via l’ambassade de France. On regarde aussi plus attentivement les gens que l’on croise. On n’est pas à l’abri d’un coup. L’ambiance est pesante oui.

Christophe Cathala
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