Les buralistes partagés sur la hausse du tabac

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  • Le tabac représente 40 % du chiffre d’affaires de Jean-Luc Servier.
    Le tabac représente 40 % du chiffre d’affaires de Jean-Luc Servier. C. G.
Publié le , mis à jour

Les paquets de cigarettes ont subi une augmentation de 0,50 € au 1er novembre. Les réactions diffèrent chez les professionnels de la cité du gant.

Il y a foule sur le marché de Millau. Et comme tous les vendredis, les clients se succèdent au tabac-presse des Halles, situé rue Clausel-de-Coussergues, en plein milieu des marchands ambulants. Peu avant 11 heures, la presse et les jeux de hasard ont la cote. Les amateurs de tabac viennent aussi s’approvisionner. Et en ce 1er novembre, les fumeurs mettent (encore) un peu plus la main à la poche. En vingt-quatre heures, le paquet de cigarettes a pris 0,5 €. La neuvième augmentation sous le quinquennat Macron. Dorénavant, deux marques dépassent même les 10 € à la caisse.

Deux nouvelles augmentations en 2020

Jean-Luc Servier, le patron, tout en scannant les articles, ne cache pas son incompréhension : "En tant que buraliste-fumeur, je peux vous garantir que ça ne fera pas arrêter les gens. Ils se sacrifieront sur autre chose, la nourriture par exemple. Quand on voit l’alcool et ses conséquences sur la santé, la sécurité routière et même sur les violences conjugales, je me dis que c’est injuste de toujours taper sur les fumeurs."

Le tabac représente 40 % de son chiffre d’affaires annuel, grâce aux 7 % empochés sur chaque paquet. Pour autant, le Montpelliérain d’origine ne craint pas pour son business : "Une augmentation a toujours une petite influence, mais ça va. Tout est compensé." Il a peur néanmoins que les consommateurs n’aillent en Espagne ou en Andorre : "Nous ne sommes qu’à trois heures de la frontière. En France, en jouant sur les prix, le gouvernement veut faire comme l’Australie et l’Angleterre. Mais ces deux pays, ce sont des îles. Ce n’est pas tout à fait pareil…"

Du côté de La Civette, place du Mandarous, les clients rentrent par grappes. Claude Boubal et son fils Lambert tiennent la boutique. Comme leur confrère des Halles, ils disent ne pas s’inquiéter pour leur chiffre d’affaires. De plus, pour eux, les prix pratiqués ailleurs en Europe ne sont pas si préjudiciables : "À Millau, ça va encore, estime le premier. Pour aller en Espagne, il faut prendre la voiture, payer l’essence, le péage. Pas sûr que ça soit si rentable. Des paquets étrangers, on en voit, mais pas tellement."

Au Kiosque, boulevard de La Capelle, en revanche, le gérant Jean-Charles Gonzalez, n’est pas si tranquille : "Bien sûr que les ventes et que mon chiffre d’affaires baisseront. Ça fera aussi augmenter le marché parallèle. Les gens ne vont pas arrêter de fumer. Ils iront acheter ailleurs."

Deux nouvelles augmentations sont prévues en 2020. Un paquet coûtera alors au minimum 10 €, quelle qu’en soit la marque.

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célian guignard
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