Joël Barre, de Millau à la Direction Générale de l’Armement

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    Son premier mois du service militaire sur le camp du Larzac. DR - Elise FOUCAUD
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Natif de Millau, l’homme de 66 ans est à la tête de la DGA depuis l’été 2017. Rencontre.

Né dans la cité du gant, Joël Barre, à la Direction générale de l’armement (DGA) depuis 2017, n’a rien oublié de ses racines qui lui sont chères.

Petit garçon, à quel avenir vous destiniez-vous ?

Je vais être honnête, je n’étais pas destiné à une vocation particulière. J’étais passionné de lectures et je jouais beaucoup à la pétanque. Je suis issu d’une famille modeste.

Mon père était artisan menuisier et ma mère travaillait à la sous-préfecture.

Cela ne m’a pas empêché d’être bon élève et, après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai rejoint le lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse avant d’intégrer Polytechnique à Paris. Je suis ensuite retourné à Toulouse, dans une école spécialisée dans l’aéronautique (ISAé/Sup’Aéro).

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Aucune. J’ai la chance d’avoir bénéficié d’une scolarité de bon niveau pour intégrer ce genre d’écoles. Il ne faut pas s’autocensurer. La diversité et l’ouverture sociale font partie des grandes écoles. Il n’y a pas de raison qu’un élève millavois n’ait pas l’ambition de suivre des études.

Comment s’est construite votre carrière ?

Elle s’est faite en deux parties. J’ai commencé à la DGA par travailler sur les programmes de missiles pour la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire et de satellite d’observation Helios, pendant une vingtaine d’années. J’ai ensuite rejoint la direction du Centre national d’études spatiales (Cnes), puis l’industriel Safran, anciennement Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation (Snecma), qui fabrique des moteurs d’avions et de fusées, avant de revenir au Cnes. J’ai été choisi par le président de la République Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Florence Parly, et nommé en conseil des ministres du 9 août 2017 pour diriger la DGA.

Quelle est la mission de cette DGA ?

Nous conduisons une centaine de programmes d’armement destinés à équiper les armées françaises.

Cela va du missile nucléaire jusqu’au fusil et char d’assaut, en passant par les satellites, les sous-marins et navires de surface, les télécommunications sécurisées. La DGA assure la maîtrise d’ouvrage : à partir du besoin exprimé par les armées, nous faisons réaliser les équipements par les industriels.

Nos autres grandes missions sont de préparer l’avenir des systèmes de défense, en finançant la recherche et en suscitant l’innovation, de promouvoir les coopérations et les exportations en soutenant nos entreprises de défense.

L’armement peut être mal perçu dans l’opinion publique. Que répondez-vous ?

La défense de la France remonte à une volonté politique lancée par De Gaulle et la DGA, née en 1961, pour faire valoir une force de dissuasion nucléaire. Les armées sont là pour protéger notre pays. En ce moment, par exemple, elles sont en opérations extérieures en Afrique, au Sahel, pour protéger la France de la montée en puissance des activités terroristes.

On voit poindre aujourd’hui de nouveaux espaces de conflits : dans le spatial, dans l’utilisation d’internet et le cyberespace. Si la France veut continuer d’être un pays indépendant, il faut qu’elle ait la capacité d’acquérir l’ensemble des systèmes nécessaires à sa défense.

Quels souvenirs gardez-vous de Millau ?

J’y suis revenu souvent jusqu’au décès de ma mère en 2006. J’ai perdu de vue mes amis, mais j’y ai encore des cousins et je garde un attachement profond à Millau. C’est aussi le camp militaire du Larzac où j’ai réalisé la première partie de mon service militaire en septembre 1974. J’aurais pu être le régional de l’étape, mais il y avait aussi un autre Millavois.

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Loïc Bailles
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