Ce plan européen pour une alimentation plus saine qui fait tousser les agriculteurs

  • Dans le plan européen "De la ferme à la fourchette", le développement de l'agriculture bio et l'utilisation de moins de pesticides.
    Dans le plan européen "De la ferme à la fourchette", le développement de l'agriculture bio et l'utilisation de moins de pesticides. Archives CP
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La Commission européenne a présenté en mai 2020son plan intitulé « De la ferme à la fourchette » pour rendre plus durable le système alimentaire européen. Il a été validé ce mardi 19 octobre par le Parlement européen pour une mise en place à l'horizon 2030. Pas du tout du goût des principales fédérations d'agriculteurs. Explications.
 

Le plan européen pour une alimentation plus durable, "De la ferme à la fourchette", a été validé ce mardi à Strasbourg par la Parlement européen. L'objectif est de concilier au niveau de l'Union européenne sécurité alimentaire et réduction de l'empreinte environnementale et climatique de la chaîne alimentaire. Avec l'utilisation de moins de pesticides, d'engrais et de médicaments, et le développement de l'agriculture biologique.

Si du côté de la "fourchette", les consommateurs ont droit de se réjouir, du côté de la "ferme" en revanche,  c'est la colère. Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA mais également de la plus importante fédération au niveau de l'Union européenne, le Copa-Cogeca, est alarmiste, selon France Info, et s'oppose à toute réduction de pesticides : "L'impact sera une réduction sans précédent de la capacité de production de l'UE et des revenus des agriculteurs", dit-elle. La fédération des syndicats agricoles européens s'appuie sur un rapport européen publié en août dernier qui prévoit des baisses de rendements de 10% à 15% pour les céréales, oléagineux, viandes bovine et porcine. Un impact, selon le même rapport, qui peut être toutefois réduit en accélérant la transition vers une agriculture plus durable.

Le Copa-Cogeca craint également qu'avec ce plan "De la ferme à la fourchette", l'Union européenne ne perde sa souverainté alimentaire et ne recoure donc à plus d'importation de produits alimentaires venus "de pays moins verts". Un point sur lequel la fédération a le soutien du ministre de l'Agriculture français, Julien Denormandie.

Le Copa-Cogeca réclame également des études d'impact et des mesures pour accompagner les agriculteurs. Des études d'impact que Bruxelles va de toute manière mener avant que ce plan européen ne soit légiféré. Car celui-ci ne va pas s'appliquer tout de suite : il n'est pour l'heure pas intégré à la future Politique agricole commune (PAC) qui sera votée en novembre par le Parlement européen.

 

L. R.
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Les commentaires (2)
Altair12 Il y a 1 mois Le 20/10/2021 à 21:05

Il serait temps que les agriculteurs comprennent que leur avenir passe obligatoirement par une agriculture respectueuse des produits, de la nature et des riverains car les consommateurs se détournent des apprentis sorciers qui n'hésitent pas à utiliser toutes sortes de pesticides afin d'augmenter les rendements ou l'apparence de leurs produits !

Anonyme13114 Il y a 1 mois Le 20/10/2021 à 19:23

Les agriculteurs ont bien raison d'être inquiets et l'arrivée des Verts au pouvoir en Allemagne ne va pas arranger la situation.