Jean-Philippe Périé, maire de Marcillac : "Nous sommes partis d’une page blanche"

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  • Jean-Philippe Périé devantle bâtiment de la mairiequi sera bientôt rénové. Jean-Philippe Périé devantle bâtiment de la mairiequi sera bientôt rénové.
    Jean-Philippe Périé devantle bâtiment de la mairiequi sera bientôt rénové. PaDS
  • L’ancien presbytère va devenir un centre culturel avec bibliothèque, école de musique communautaire, espace pour l’Harmonie musicale.
    L’ancien presbytère va devenir un centre culturel avec bibliothèque, école de musique communautaire, espace pour l’Harmonie musicale. Archives Bernard Segonds
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Avec son équipe, lors des dernières élections municipales, en mars 2020, il avait créé la surprise en battant, sans coup férir (un peu plus de 58 % des voix), Anne Gaben-Toutant, maire sortante. Jean-Philippe Périé (70 ans), néophyte en matière de gestion communale, s’est donc installé dans le fauteuil du premier magistrat de Marcillac quelques semaines après.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans la vie politique de la commune ?

Ma famille est marcillacoise et, même si j’ai eu l’opportunité de partir travailler à l’étranger durant de longues années, j’aime cette commune. J’y revenais d’ailleurs dès que je pouvais. En ce qui concerne mon engagement, ce qui se faisait à Marcillac ne me convenait pas. J’ai donc franchi le pas.

Après deux ans de mandat, comment se passe la découverte d’une gestion communale ?

Avec une équipe totalement nouvelle, il a fallu s’adapter. Nous avons pu compter sur les salariés de la mairie. Nous sommes tombés, de plus, dans une période difficile avec la désorganisation due au Covid-19. Une fois élus, nous sommes partis d’une page blanche avec les idées lancées pendant la campagne. Nous savions ce que nous voulions, mais le plus difficile était de mettre tout cela en place. Pour les thématiques, nous nous sommes appuyés sur le programme "Petites villes de demain" dont nous avons pris le dossier à bras-le-corps. Seulement, cela prend du temps entre l’idée et sa création. On nous reproche de ne rien faire, rien de vraiment visible tout du moins. Je ne veux pas me cacher derrière ça, mais la lenteur administrative peut vous en dégoûter plus d’un.

Comment se porte la commune ?

Marcillac est un village enviable. Il existe d’ailleurs une dynamique bien en place depuis très longtemps. On y trouve également tous les services d’un bourg plus important. C’est à la fois une richesse et une complexité que nous nous attachons à organiser au quotidien.

Quelles ont été vos priorités ?

En termes d’organisation municipale, nous avons opté pour un adjoint et deux élus par commission. Cela nous a permis de travailler de façon plus régulière. Ensuite, faute de communication, il était important de "réactualiser" le site internet et de sortir un bulletin trimestriel afin que les habitants soient tenus au courant. Et il était également urgent de renouveler le matériel municipal à cause du défaut d’entretien et du manque d’investissement. Durant les six premiers mois, nous avons pris la mesure de ce que nous devions réaliser et, surtout, comment nous allions le réaliser. Par exemple, l’éclairage public est passé en led car nous avons souhaité la basse consommation au lieu de l’extinction nocturne. Nous nous sommes également rapprochés d’Aveyron Ingénierie pour son expertise sur les études concernant la salle des fêtes, la mairie, l’ancien presbytère, l’économie d’énergie…

Quel est le projet que vous avez coché en tête de liste ?

Il s’agit de l’ancien presbytère qui va devenir un centre culturel. Il y aura ainsi une bibliothèque, l’école de musique communautaire et un étage pour les répétitions de l’Harmonie musicale. Le montant des travaux est de 1,7 M€ (HT). Nous comptons bien avoir des subventions jusqu’à hauteur de 80 %. Et, le chantier devrait débuter à la fin de cette année.

Qu’en est-il des suivants ?

Il est clair que nous n’avons pas un budget extensible et nous ne pouvons donc pas injecter de grosses sommes partout. Nous avions ciblé trois projets et, comme nous nous étions engagés durant notre campagne électorale, nous avons laissé le choix aux habitants. Nous allons donc rénover la mairie qui est dans son "jus", et nous verrons plus tard pour la salle des fêtes et l’espace multi-associations. Sur le plan patrimonial, la chapelle de Foncourrieu va connaître une seconde jeunesse. L’association qui la gère a programmé la rénovation du clocher et du toit du prieuré. La facture s’élève à 250 000 €.

La commune possède, par ailleurs, un patrimoine important. Quelle est votre politique sur ce sujet ?

Nous devons être cohérents en matière de coût d’entretien afin de ne pas grever le budget. Du coup, nous ne fermons pas les portes aux projets privés. Par l’exemple pour l’ancienne trésorerie qui devrait devenir un hôtel-restaurant. La décision sera prise en juillet. Nous avons également l’immeuble Rose, un habitat à loyer modéré avec 11 appartements dont 6 sont inoccupés car vétustes. L’idée est de trouver un partenaire extérieur afin de tout restaurer. Nous sommes également des facilitateurs pour les projets privés, tels que le centre photographique Pierre Soulages qui va ouvrir dans les jours à venir.

Dans les thématiques avancées, il est question de sécurité.

Une route départementale passe par notre village. Effectivement, vu le trafic, il est important de sécuriser cette traversée. Nous allons donc mettre en place des plateaux surélevés aux deux entrées et limiter la vitesse à 30 km/h, pour l’ensemble du village d’ailleurs.

Quand on évoque la sécurité, on parle également de vidéoprotection…

Je ne peux pas en parler car il existe une procédure en cours au tribunal administratif car un groupe a porté plainte. Tout ce que je peux dire, c’est que depuis que ces caméras ont été installées dans les trois lieux concernés, les endroits sont plus propres.

Les chiffres de la commune

Démographie : 1 740 habitantsSuperficie : 14,59 km22 collèges (collège public Kervallon avec 350 élèves et collège privé Saint-Joseph avec 250 élèves).2 écoles (groupe scolaire public Jean-Auzel avec 146 élèves et école privée des Prades avec 114 élèves).Budget de 3,3 M€ en 2022 dont 1,1 M€ en investissement et 2,2 M€ en fonctionnement.54 associations (social et solidarité, sport, culture et loisirs, enfance et jeunesse…) sont répertoriées au sein du territoire. Parmi ces dernières, nombreuses sont celles qui rayonnent au-delà du périmètre communal, résultat d’ententes sportives ou de regroupements dans les domaines de la culture, de l’animation ou des services à la personne.Enfin, comment parler de Marcillac sans évoquer son vignoble. Celui-ci a décroché à l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1990. Il existe aujourd’hui 54 producteurs pour environ 200 hectares de vignes. De 7 000 à 8 000 hectolitres de vin sont produits chaque année (et pour 90 %, il s’agit de vin rouge, dont le cépage principal est le mansois).

Les quatre élus de l’opposition regrettent des conseils très courts

Nathalie Gély, Bruno Sélas, Didier Laurens et Jérôme Franques sont les quatre élus de l’opposition, eux qui étaient sur la liste d’Anne Gaben-Toutant, la maire sortante. Sollicités pour évoquer les deux premières années de mandat de l’équipe de Jean-Philippe Périé, c’est Jérôme Franques qui a joué le rôle de porte-parole. Dans un premier temps, le groupe minoritaire regrette "des conseils municipaux très courts, pas plus de trente minutes, où s’il existe des points de divergences, il est difficile de se faire entendre" ; de même, toujours en rapport avec les conseils, "le maire partage très peu d’infos avec nous". Les quatre élus ont peu goûté également l’augmentation des indemnités des élus, "ce qui représente tout de même plus 186 000 € sur six ans, une somme qui aurait pu servir à autre chose".En revanche, le quatuor se félicite du projet majeur de ce début de mandat, en l’occurrence "le pôle culturel en lieu et place de l’ancien presbytère, initié par l’ancienne municipalité". Très peu portés sur la polémique – "on regarde avant tout l’intérêt de la commune" –, les quatre élus mettent, néanmoins, en avant "l’absence de projets" de la nouvelle équipe et "ces pseudos consultations des habitants" pour les priorités. Et de conclure : "La réhabilitation de la mairie pouvait très bien attendre. Il y avait mieux à faire à la salle des fêtes ou à l’espace multi-associations."
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Paulo Dos Santos
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Les commentaires (1)
Aveyron13 Il y a 3 mois Le 07/06/2022 à 11:11

1.7 m d’euros cherchez la coquille ?