De l'Afghanistan à Rodez, la destinée hors du commun de Sidiqi Nawruz, épicier dans le quartier de Layoule-Cardaillac

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  • Le jeune homme de 24 ans, espère à terme, devenir propriétaire des lieux.
    Le jeune homme de 24 ans, espère à terme, devenir propriétaire des lieux. Centre Presse Aveyron - T. C.-C.
Publié le , mis à jour

Arrivé à Rodez en 2018, le jeune Afghan est responsable de l’épicerie de jour et de nuit située dans le quartier de Layoule-Cardaillac.

"Je suis arrivé à Rodez à l’aveugle. Soit ça marchait, soit ça ne marchait pas. C’était un gros risque". Ces mots sont ceux de Sidiqi Nawruz, responsable de l’épicerie de nuit et jour située dans le quartier de Cardaillac depuis décembre 2018. Originaire d’Afghanistan, le jeune homme arrive seul en France en 2012 à 14 ans. Une décision prise avec sa famille estimant "qu’il n’y avait pas d’avenir pour moi en Afghanistan. On a décidé de ce qui était le mieux pour mon avenir en tentant ma chance en France", confie Sidiqi.

Après avoir été placé dans une famille d’accueil en Ariège, le jeune homme obtient deux CAP, peinture et carrelage, entre 2014 et 2016. C’est en 2017, qu’il travaille pour la première fois dans une épicerie, comme salarié en Corrèze.

"Je voulais travailler à mon compte"

Cette expérience professionnelle en Corrèze le pousse à vouloir « travailler à son compte ». Arrivé à Rodez en 2018 « par hasard », il finit par obtenir le droit de louer le local qui avait notamment abrité une galerie d’art par le passé. Depuis plus de quatre ans maintenant, Sidiqi gère, avec l’aide d’un employé, les plus de 170 m² de produits alimentaires, "sept jours sur sept, même les jours fériés, de 10 h à minuit. Quand il faut bosser, faut bosser", explique le gérant en rigolant.

Un quotidien professionnel que ce dernier apprécie pleinement depuis toutes ces années, en raison "de la relation avec les clients. Le fait d’être son propre patron m’offre une certaine liberté". Sidiqi estime que son épicerie "crée du lien, de la proximité avec les habitants, qu’ils soient jeunes ou vieux, et dynamise le quartier".

Notamment pour les élèves du collège Jean-Moulin situé juste à côté de l’épicerie pour qui, venir dans son commerce correspond à un « moment de récré » pour le commerçant. À l’heure ou les cours se terminent, une bonne dizaine de sacs à dos et de sacs à main s’amoncellent à l’entrée, le temps que les collégiens fassent leurs choix entre les chips, les bonbons et autres boissons gazeuses.

Une sorte de "french dream"

Pour ces deux élèves de cinquième qui viennent depuis plus d’un an, cette épicerie « est bien parce qu’elle n’est pas loin du collège. Ce n’est pas très cher et on retrouve tout ce que l’on aime ». Aujourd’hui, le jeune homme de 24 ans est heureux de gérer son commerce, une situation professionnelle semblable « à un rêve qui est devenu réalité comme à la fin dans les films américains ».

Néanmoins, Sidiqi est toujours séparé de sa famille qui vit à Baghlan, province située au nord de l’Afghanistan. Il arrive à obtenir des nouvelles de ses proches « même si c’est galère ». Ces derniers avaient également essayé de rejoindre l’Europe en même temps que lui mais avaient dû rebrousser chemin après être arrivés en Iran. Seul son grand frère Sama, arrivé en France en 2008, vit actuellement à Pau et gère lui aussi une épicerie.
Actuellement locataire des lieux, le jeune homme est optimiste pour l’avenir. Il aimerait « avoir les fonds nécessaires pour devenir propriétaire de l’épicerie dans un premier temps et par la suite, en faire une franchise ».

Même s’il ne souhaite pas retourner vivre dans son pays natal, le jeune homme espère « que la situation en Afghanistan s’améliorera » pour revoir sa famille pour les vacances car d’une certaine manière je viens de là-bas ».

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Timothée Croisan-Cécina
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