Millau : Robert Dieux, la mémoire intacte d’un ancien prisonnier de guerre

  • Robert Dieux aux côtés du président du comité de Rodez du Souvenir Français, Vincent Besombes.
    Robert Dieux aux côtés du président du comité de Rodez du Souvenir Français, Vincent Besombes. Collection Vincent Besombes / / Collection Vincent Besombes
  • Des images d’illustration de prisonniers de guerre français.
    Des images d’illustration de prisonniers de guerre français. Collection Vincent Besombes / / Collection Vincent Besombes
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À 100 ans passés, l’ancien combattant, qui habite Millau, est aujourd’hui l’un des derniers témoins directs de ce qu’ont vécu des millions de soldats français de la Seconde guerre mondiale. Robert Dieux a vécu le conflit interné dans un camp de prisonniers de guerre. Notamment grâce au Souvenir Français, ce témoignage permet de mieux comprendre le quotidien de ces soldats qui ont vécu la guerre autrement.

La mémoire de Robert Dieux est intacte. Les faits s’enchaînent chronologiquement, le récit fourmille de détails, rendus vivants, par la voix de celui qui a connu les camps de prisonniers en Allemagne.

À 100 ans passés, l’ancien combattant doit être l’un des derniers prisonniers de guerre encore en vie. Difficile pourtant de vérifier l’information car les archives sont classées d’après le nom. Le statut du soldat pendant la guerre n’apparaît qu’après vérification.

Natif du Nord de la France – le 4 octobre 1919, au Cateau-Cambrésis – Robert Dieux se retrouve engagé et mobilisé comme des millions de Français au début de la guerre. L’offensive allemande débute en mai 1940. Les premiers combats éclatent le long de la frontière et les armées de France se retrouvent rapidement en difficultés.

" Je me souviens de combats violents. Les Allemands étaient très bien équipés, formidablement bien organisés. Je me souviens par exemple des obus qui ricochaient sur leur blindage", raconte avec précision Robert Dieux.

Après des semaines de lutte acharnée, le 22 juin, le gouvernement de Pétain signe l’armistice. Les forces françaises sont défaites. Et contrairement à un mythe trop répandu, l’armée ne s’est pas rendue sans combattre. Notre soldat se retrouve alors prisonnier comme 1 800 000 millions de ses frères d’armes.

Il se retrouve dans un camp d’internement en Allemagne près de Nuremberg. Robert Dieux réussit alors à travailler au sein du camp comme traducteur. "Certains ont bien tenté de s’échapper, parfois sans succès", glisse-t-il.

Puis, avec un groupe d’autres prisonniers, il se retrouve au sein d’une usine de fabrication de jerrican d’essence à destination des troupes ennemies de l’Afrikakorps qui combattent sur le sol africain. " Nous avons assisté à des opérations de sabotages de la part de ces ouvriers, raconte-t-il. Certains essayaient de faire ce qu’ils pouvaient pour contrer l’ennemi."

Robert Dieux tente, aux côtés de ses camarades, de vivre au mieux leur détention. Il rentrera en France particulièrement affaiblie de par cette épreuve. La nourriture dans les camps se résumait bien souvent à une ration de soupe claire, mélangée à quelques légumes, surtout vers la fin du conflit. "Mais je trouve qu’on était relativement bien nourri. Les colis de la Croix-Rouge étaient précieux", confie-t-il.

"Les officiers ont disparu, puis les soldats"

Mais au fur et à mesure de l’avancée de la guerre, les conditions se sont fortement dégradées. " Les officiers ont disparu, puis les soldats. Le personnel venait à manquer. Puis, nous avons vu apparaître des visages plus jeunes. C’était des Volkssturm, des milices constituées à la fin de la guerre". L’ouverture du front à l’Est, en mai 1941, a saigné l’armée allemande. Et ces milices ont été constituées avec tous les hommes encore disponibles âgés entre 16 et 60 ans.

Plus de 4 300 000 soldats de la Wehrmacht ont perdu la vie en URSS. En face, 10 600 000 Soviétiques ont péri. Des chiffres vertigineux qui offrent seulement un mince aperçu de la dimension apocalyptique et de l’ampleur de ce conflit.

Malgré les difficultés, Robert Dieux noue des amitiés solides avec des soldats français mais également étrangers. Et l’ancien prisonnier de guerre d’évoquer des souvenirs liés à un militaire australien : "Il est arrivé dans le camp en short, sans aucune tenue pour se protéger du froid. On lui a donné des vêtements plus chauds. À partir de ce moment, nous avons noué une solide amitié."

Jusqu’à la libération, il "tente de se faire discret et de se faire remarquer le moins possible". Les relations avec la population civile, lorsqu’il est interné au sein des villes, "sont tout à fait cordiales. Je crois que les civils aimaient bien les Français".

Puis les armées du général américain Patton font leur entrée sur sol allemand, au printemps 1945. Robert Dieux regagne la France et les siens quelques semaines plus tard. Il est resté mobilisé jusqu’en 1947.

Il a ensuite entamé une carrière au sein de la Banque de France. Jusqu’à prendre sa retraite à Millau. Passionné d’histoire et de géographie, il s’est ensuite mis au service d’associations d’anciens combattants, a été fait citoyen d’honneur d’Onet-le-Château, etc.

Et depuis de nombreuses années, la volonté de Robert Dieux est de transmettre son histoire. Une histoire vécue de l’intérieur, sous un angle différent et donc indispensable.

Philippe Henry
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