Le tour de l'Aveyron à scooter – étape 3, épisode 6 : la Dame de Saint-Sernin et ses courtisans modernes

  • La Dame de saint-Sernin, chez elle.
    La Dame de saint-Sernin, chez elle. LR / / LR
  • Saint-Sernin
    Saint-Sernin LR / / LR
  • En partant de Camarès.
    En partant de Camarès. LR / / LR
  • Belmont.
    Belmont. LR / / LR
  • Des routes perdues et des villages oubliés.
    Des routes perdues et des villages oubliés. LR / / LR
  • Au bord du Rance.
    Au bord du Rance. LR / / LR
  • Alexis et Boris, devant une de leurs statues-menhirs.
    Alexis et Boris, devant une de leurs statues-menhirs. LR / / LR
  • A saint-Sever-du-Moustier.
    A saint-Sever-du-Moustier. LR / / LR
  • Statue-menhir contemporaine.
    Statue-menhir contemporaine. LR / / LR
  • Statue-menhir contemporaine.
    Statue-menhir contemporaine. LR / / LR
Publié le / Mis à jour le S'abonner

Ce tour de l'Aveyron part à l'aventure sur les petites routes du département, défiant chaleur, pluie et pépins mécaniques, à la rencontre de beaux paysages et de belles gens. Ou l'art de se déconfiner en douceur.
Six étapes tous les dimanches du 19 juillet à fin août, et six épisodes par étape sur le site de Centre Presse, du lundi au samedi.
On a fait le plein, le moteur démarre, un coup de klaxon et c'est parti !
 

De Nougras, la ferme de Michel Maillé, direction Belmont puis Saint-Sever-du-Moustier, où depuis quelques années le musée des Arts Buissonniers fait parler de lui. Il est aux alentours de midi et l'on s'active toujours autour de la construction insolite en perpétuels travaux. Et l'on pense au facteur Cheval et autres constructions du genre. Faute de n'avoir pu croisé l'amie Audrey (ça captait mal), on prend la direction de Saint-Sernin via des routes que même les locaux rechignent à emprunter, vers des endroits perdus comme La Claparède, Le Cellier ou La Verdolle, sur des goudrons sauvages et des virages tortueux, l'on arrive enfin à pousthomy avec le désir de faire un brin ripaille, mais l'auberge des Arcades est fermée pour cause de santé. Filer donc vers Saint-Sernin et le Grand Café, juste à temps pour casser la croûte de manière fort honorable.

Ensuite, descendre au pied du village pour saluer la Dame de Saint-Sernin. Si la vraie est enfermée au musée Fenaille de Rodez comme une princesse en son donjon, son clone trône à l'endroit où elle fut trouvée. Et nombre de prétendants viennent la saluer. Mais, embourgeoisée peut-être par la célébrité, elle refuse les avances d'un simple « scootériste », préférant les autochtones aux bourses bien garnies, et reniant même celui avec qui les artistes l'avait pourtant fiancé : Victor, l'enfant sauvage, trouvé non loin d'elle il y a 120 ans. Elle salue néanmoins ma venue, autant que celle de Jean, un touriste avec qui nous nous prenons mutuellement en photo au pied de la fière Dame.

La Ronde des menhirs, ce dimanche

Puis, rendez-vous sur les bords du Rance, à la guinguette la Rondavelle, où ce dimanche 2 août se tient tout l'après-midi la Ronde des menhirs, une fête autour des statues-menhirs avec musiques, expositions, concours, performances. Une initiative de l'Atelier des 12 Figures, un collectif d'artistes existant depuis 2 ans et qui est le porteur du projet SMC, pour Statues-Menhirs Contemporaines. Les sculpteurs et plasticiens du groupe, une dizaine, ont déjà réalisé une vingtaine d'oeuvres qui sont « un miroir du patrimoine local ». Certaines sont exposées dans quelques communes du coin. Je rencontre Abel et Boris, deux des pierres… angulaires du projet. Qui ont repris à leur compte tout le mystère et l'aura que ces hommes et ces femmes d'au moins 3000 ont conservé jusqu'à nos jours. Statues-menhirs de métal, de lumière, symboliques ou décalées, en obéissant plus ou moins à la règle : « Être anthropomorphique et vertical ». Une manière de défendre le patrimoine local. « Pendant longtemps, ici, la culture c'était ailleurs, dit Boris. On a fait l'observation d'un manque, culturellement. Les habitants d'ici ont délaissé, dénigré, maltraité leur patrimoine de statues-menhirs pendant des décennies. C'est une bonne raison pour nous de jouer le jeu des menhirs. D'y ramener de la sensibilité parce qu'ici, toutes les familles ont une histoire de statue-menhir. »

Et Abel de souhaiter que ce projet se fonde aux paysages d'ici : « Nous cherchons un lieu où l'on puisse voir notre collection en plein air, pour montrer notre travail, avec des partenariats par exemple, dans une démarche qui montre que l'artiste contemporain participe aussi au développement économique d'une région, autant que le patrimoine. »

Et si la statue-menhir du Néolithique marchait de concert avec celle du XXIe siècle ?

Une belle idée, à façonner.

Laurent Roustan
Voir les commentaires
Réagir