Guerre Israël-Hamas : 12 jours après son appel à l'aide, la petite Hind Rajab et les ambulanciers venus la sauver retrouvés morts

  • Au milieu des tirs, Hind Rajab avait joint les secours pour lui demander de venir la chercher.
    Au milieu des tirs, Hind Rajab avait joint les secours pour lui demander de venir la chercher. Twitter - PRCS
Publié le , mis à jour
Nicolas Drusian avec Reuters

Un enregistrement déchirant avait été diffusé il y a 12 jours, dans lequel on entendait la fillette demander de l'aide par téléphone aux secours palestiniens.

Le corps d'une fillette palestinienne de 6 ans qui avait supplié pendant des heures les secours de la sauver après avoir été prise avec sa famille sous le feu de soldats israéliens dans la bande de Gaza a été retrouvé samedi 10 février 2024 par des proches, douze jours après l'incident.

Les corps de cinq autres membres de la famille de la petite Hind Rajab, tués dans leur voiture dans la ville de Gaza, et ceux de deux ambulanciers qui étaient partis à leur secours, ont également été récupérés.

\ud83d\udea8 Urgent: The Palestine Red Crescent ambulance was discovered bombed the Tal al-Hawa area of #Gaza City, resulting in the killing of crew members Yusuf Zeino and Ahmed Al-Madhoun, who had been missing since a rescue mission for the child Hind Rajab 12 days ago.#NotATarget\u274c… pic.twitter.com/dCgfeevTd8

— PRCS (@PalestineRCS) February 10, 2024

L'ambulance détruite, les secours tués

Le Croissant-Rouge palestinien a accusé l'armée israélienne d'avoir délibérément ciblé l'ambulance qu'elle avait envoyée sur place après avoir passé trois heures au téléphone avec Hind Rajab, qui implorait de l'aide alors que le son de tirs nourris résonnait derrière elle. "Les forces d'occupation (israéliennes) ont délibérément ciblé l'équipe du Croissant-Rouge malgré une coordination préalable pour permettre à l'ambulance d'arriver sur le site pour secourir Hind", a indiqué l'organisation dans un communiqué.

L'armée israélienne n'a pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters à ce sujet.

In this video, horrifying scenes show the deliberate targeting by the Israeli occupation of the PRCS ambulance, resulting in the killing of our colleagues Yusuf Al-Zeino and Ahmed Al-Madhoun, who were just meters away from the child Hind. Hind tragically lost her life alone after… pic.twitter.com/PJiI6vtBei

— PRCS (@PalestineRCS) February 10, 2024

"J'ai si peur, venez s'il vous plaît"

Les proches de Hind Rajab ont retrouvé son corps ainsi que ceux de son oncle, de sa tante et de leurs trois enfants dans leur voiture immobilisée près d'un rond-point du quartier de Tel al Hawa, dans la ville de Gaza, a rapporté l'agence de presse palestinienne Wafa. Selon un autre oncle de Hind, Sameh Hamadeh, la voiture était criblée de balles.

La tragédie avait été rendue publique grâce à des extraits déchirants de la conversation téléphonique entre la petite Hind et les secouristes il y a 12 jours. Elle illustre les conditions de vie impossibles des civils palestiniens à Gaza, au moment où Israël dit se préparer à étendre son offensive au secteur de Rafah, où la plus grande partie de la population de l'enclave a trouvé refuge.

La fillette avait été piégée sous les tirs et avait assisté à la mise à mort de tous les occupants de la voiture. Elle avait réussi à joindre des proches par téléphone pour dire qu'elle était coincée dans la carcasse du véhicule, au milieu des cadavres. "Venez me chercher", demandait-elle terrifiée, peut-on entendre dans l'enregistrement diffusé. Le Croissant-Rouge avait indiqué que la petite fille avait supplié ses équipes "pendant plus de trois heures" de venir la récupérer. Mais elle n'a été retrouvée trop tard que ce samedi.

\ud83d\udc94For over three hours, Hind has desperately pleaded with our teams for rescue from the occupation tanks surrounding her, enduring gunfire and the horror of being alone, trapped among the bodies of her relatives shot by the Israeli forces in front of her eyes. The PRCS heroes… pic.twitter.com/VT00WJaP1B

— PRCS (@PalestineRCS) February 3, 2024

 

Une riposte israélienne "hors de proportion"

Des frappes israéliennes ont fait 17 morts vendredi soir à Rafah, dans la bande de Gaza, où plus d'un million de civils palestiniens, chassés par les combats, redoutent une offensive terrestre de Tsahal de grande intensité, rapportent des sources médicales.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a ordonné vendredi à l'état-major israélien de mettre au point un plan combiné en vue de l'évacuation des civils de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et de l'élimination des "quatre" derniers bataillons du Hamas dans la ville. Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, est le dernier refuge des civils déplacés par les combats en cours entre le Hamas et Israël depuis le 7 octobre dernier.

La stratégie israélienne, qui vise à l'éradication totale du Hamas, le mouvement palestinien à l'origine des attaques du 7 octobre contre l'Etat hébreu, est vivement critiquée par l'allié américain. Washington a déclaré jeudi qu'il ne soutiendrait pas une opération terrestre faisant fi du sort des centaines de milliers de civils terrés dans cette ville frontalière de l'Egypte. Le président américain Joe Biden s'est alarmé d'une riposte israélienne désormais "hors de proportion".

Le bureau du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a estimé vendredi dans un communiqué que le but inavoué de ce plan était de chasser les Palestiniens de leur terre.

"Massacres et destructions"

Les organisations humanitaires estiment que plus de la moitié des 2,3 millions d'habitants de l'enclave de Gaza se trouvent à Rafah. Un responsable israélien a dit sous le sceau de l'anonymat que l'armée s'efforcerait d'évacuer les réfugiés de Rafah plus au Nord. "Une incursion israélienne à Rafah signifierait massacres et destructions. Les gens occupent chaque centimètre de cette ville et n'ont nulle part où aller", souligne Rezik Salah, 35 ans, qui a fui la ville de Gaza pour Rafah avec sa femme et ses deux enfants au début de la guerre.

Le ministère palestinien de la Santé a fait état samedi de plus de 28 000 morts dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre, dans la riposte militaire engagée par Israël après les attaques du Hamas sur son sol, qui ont fait quelque 1 200 morts.

Vendredi soir, une frappe israélienne sur une maison de Rafah a fait 11 morts et des dizaines de blessés; une autre frappe, sur une autre maison, a fait six morts, selon des sources médicales. Dans la ville de Khan Younès, également dans le sud de l'enclave, les opérations israéliennes autour de l'hôpital Nasser alarment les autorités sanitaires palestiniennes. L'établissement est encerclé par l'armée israélienne. Le ministère craint pour la vie des 300 membres du personnel médical encore sur place, les 450 patients et les civils - environ 10 000 - qui y ont trouvé refuge.

L'état-major israélien a déclaré samedi que ses forces poursuivaient des opérations "intenses" à Khan Younès et à Gaza, dans le Nord, et avaient tué des combattants, saisi des armes et détruit des infrastructures du Hamas. Des habitants de Gaza, la première ville visée par Israël au début de la guerre, ont témoigné de combats intenses samedi.

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Les commentaires (1)
Mézac Il y a 11 jours Le 11/02/2024 à 11:50


Cette guerre commencée comme une réplique justifiée, est désormais devenue une guerre de vengeance injustifiable.